Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres, Maxime Gillio

MaFilleVoulaitMettreSonDoigtDansLeNez

Présentation :

 » Je vois Gabrielle, ma fille, m’observer de son regard indéchiffrable. Pourquoi ce livre ? Après tout, c’est notre passé, sa vie, mes sentiments. Il concerne qu’elle et moi, pourquoi l’exposer aux yeux de tous ? Parce que nous en avons besoin. Parce que nous devons guérir de cet amour contrarié et nous retrouver.
Je n’écris pas un livre sur l’autisme, encore moins un guide ou un mode d’emploi, j’offre les souvenirs que je nous ai volés. L’histoire banale d’un père et d’une fille. »

Chaque jour, les chiffres concernant l’autisme nous alertent 650 000 cas en France … Si chacun est différent, la souffrance de l’enfermement est, pour eux comme pour leurs proches, commune. Une souffrance que Maxime Gillio tenté de contourner avec la force de ses mots, sincères et émouvants.

Mon avis :

Alerte, coup de cœur ! Il m’a été impossible de poser ce livre une fois la première page tournée (je remercie d’ailleurs au passage les collègues qui ont déclaré que j’avais une tête de zombie le lendemain matin).

Qu’on soit un futur papa ou une future maman, la question d’un handicap potentiel concernant le bébé nous effleure, notamment au moment de la mesure de la clarté nucale qui éloigne normalement le spectre de la trisomie. Pourtant, même si la mère a plus de chance d’accoucher d’un enfant en bonne santé, il n’est pas livré avec la mention « garanti sans handicap ».

Pour écrire ce livre, l’auteur s’est inspiré de billets qu’il avait publiés il y a quelques années sur une page Facebook consacrée à sa fille Gabrielle, autiste, et à ce qu’ils vivaient, page qui a connu un grand intérêt. À cela s’ajoutent des commentaires actuels de l’auteur.

Maxime Gillio se défend d’avoir écrit sur l’autisme. À travers ses souvenirs, il nous présente des moments qui ont ponctué leur vie, que ce soit dans les établissements scolaires ou du côté des spécialistes. Ici, pas d’enrobage mielleux, pas de filtre bisounours. Maxime Gillio nous fait part de ses doutes, de ses interrogations, de ses colères, de ses refus. Oui, il est le père de Gabriel, et il l’aime d’un amour profond et sincère, comme ses deux autres enfants qui ne souffrent d’aucun handicap. Non, il n’est pas le père idéal qui accepte tout sans se plaindre, il est juste un père… humain. Et c’est vraiment ça le point fort de ce livre. Un père qui a du mal à se dire que sa vie ne sera plus comme il l’avait imaginée, un père qui craint que sa fille ne quitte jamais la maison, un père qui souffre de ne plus voir sa fille lui accorder des élans de tendresse.

Mais ce n’est pas tout. Ce livre est aussi un témoignage sur la difficulté qu’ont les enfants souffrant d’un handicap à trouver une place dans la société, sans être mis de côté comme des parias. Les institutions ou ceux qui y travaillent ne sont pas toujours de bonne volonté, et même quand ils le sont, ils n’ont pas le mode d’emploi. En tant qu’enseignante, cette partie me parle beaucoup aussi, et quand je vois qu’en début d’année scolaire, au collège, les enseignants n’étaient pas au courant de la présence d’une élève autiste dans leur classe, malgré les insistances des parents de Gabrielle, ça me met vraiment en colère (sincèrement, je les ai insultés en lisant certains passages) comme la façon dont est géré son « cas » par certains enseignants. Alors j’imagine sans peine ce qu’ont pu ressentir les parents de Gabrielle, tous les deux enseignants (ancien enseignant pour l’auteur).

En bref, un énorme coup de cœur pour ce livre puissant, poignant, tendre, cynique et bourré d’amour. Une claque. Bravo Maxime Gillio, et toutes mes pensées pour Gabrielle.

Retrouvez l’avis de Stéphie, qui m’avait conseillé ce livre, ici !

Et, rien que pour vous … cadeau !

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Handicap … Le défi d’être Miss

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Présentation de l’éditeur :

L’histoire de Laura, jeune mannequin victime d’un accident de voiture qui la laisse paraplégique, est une histoire de vie, de glamour, de larmes et de séduction. Et cela fait un bien fou !
Après son accident, Laura devient Laurana, une jeune femme courageuse dans l’acceptation de son handicap, pleine d’humour et de charme. Son nouveau combat : se battre pour changer les mentalités sur le handicap.
De ses débuts dans le mannequinat à la terrible nuit de l’accident, l’hôpital, la rééducation, l’insensibilité du conducteur responsable, le procès, sa médiatisation, ce témoignage hors du commun permet de suivre et de partager pas à pas le combat de cette magnifique jeune fille pour faire tomber les préjugés sur les handicapés.
Elle nous dévoile également l’envers du décor d’un concours de miss.
Laura est, entre autres, la première candidate en fauteuil à une élection de beauté pour valides et revendique l’égalité et la mixité entre les valides et les non-valides. Elle se bat contre l’exclusion de la différence.
On vous le dit : c’est une Miss extraordinaire qui se livre ici !

Mon avis :

Ce n’est pas un roman que je vous présente cette fois-ci, mais un témoignage plutôt touchant de Laura, une jeune femme, mannequin, devenue paraplégique suite à un accident de voiture. Ce n’est pas elle qui écrit mais Cindy, sa sœur. Si je craignais une histoire plombante qui tombe dans le pathos ou le simple voyeurisme, ce n’est pas absolument pas le cas.

J’ai été agacée les premières pages, à cause d’une overdose de signes de ponctuation (rien que huit points d’exclamation en deux pages au début du premier chapitre), et quelques répétitions aussi. Mais, rapidement, tout ça a disparu, et j’ai été complètement absorbée par l’histoire.

Laura nous est donc présentée par sa sœur, mais, elle veut garder un point de vue objectif, autant que possible :

« Si je l’écris, c’est que cet accident, j’avais besoin de le digérer : Laura était là dans toutes mes pensées. Écrire seulement sur son accident m’aurait soulagée, aurait apaisé mes peines, libéré mes colères et même mon esprit; s’apitoyer sur son sort, ce n’est absolument pas elle. Décrire sa paraplégie n’aurait consisté qu’en une fade imitation de ceux qui, paraplégiques, écrivent leurs propres ressentis … Je devais écrire ce que je voyais, ce qui me coupait le souffle … »

Elle nous raconte l’accident, les conséquences, mais aussi la volonté rapidement marquée par sa sœur de vouloir s’en sortir et de ne pas être juste un corps dans un fauteuil. Elle décidera même de participer, après avoir été poussée par son entourage, à l’élection de la Reine du Muguet, élection à laquelle elle avait déjà participé pour s’amuser, avant l’accident. L’auteure nous raconte les difficultés que sa sœur a rencontrées, comme le choix de la robe ou encore des chaussures. Et puis, le regard des autres, ce qui se dit, ce qui se murmure, ce qui se lit. Et le procès, celui du chauffeur de la voiture, qui roulait bien trop vite et qui semble être victime d’amnésie ce jour-là. Lui n’a rien. Seule Laura sera touchée véritablement, Laura, cette seule jeune femme qui ce soir-là avait attaché sa ceinture de sécurité, qui ne devait pas être dans cette voiture avec les cinq autres jeunes, qui portait Julie sur ses genoux après avoir changé de place. Et comment ne pas penser : si je n’avais pas changé de place, si j’étais allée dans une autre voiture, si … Mais, les « si » ne font pas avancer l’histoire et ça, les deux sœurs l’ont bien compris. Alors Laura va de l’avant, ne reste pas enfermée chez elle, a des projets.Elle doit se reconstruire, autrement.

Malgré des moments à vide (comment pourrait-il en être autrement ? ) je la trouve d’une force assez incroyable, voire admirable. Parce qu’être en fauteuil, ce n’est pas cessé de vivre, qu’on ne se fond pas dans l’objet, que ces roues sont là pour soutenir un corps, et c’est corps qui est important. Mais encore faut-il ne pas l’oublier, le rappeler.

Et il y a Cindy, Cindy qui était enceinte de six mois au moment de l’accident de sa soeur. Elle écrivait ce qu’elle ressentait alors, ce qu’il se passait : elle avait donc de la matière quand sa soeur lui a demandé d’écrire un livre sur son histoire !

Livre témoignage, livre d’espoirs, c’est aussi un livre d’amour. On ressent les émotions, on a l’impression de vivre les choses en même temps que les deux sœurs. On est touché, agacé, amusé par le caractère de Laura.

Merci pour ce précieux témoignage.

Vous pouvez soutenir Laura sur la page facebook et retrouver le livre sur le site des éditions la boîte à pandore !