Mai 67, Colombe Schneck

Quatrième de couverture :

  » Le 29 mai 67, tu as noué dans tes cheveux un foulard à motif jaune et bleu et une mèche de tes cheveux s’est échappée de ce chignon retenu par un foulard.
Le sais-tu, toi, que ce jour-là une mèche blonde a glissé de ce tissu serré jaune et bleu ?
Je découvre et j’admire tout, ce foulard jaune et bleu, un grain de beauté plat et clair sur ta joue gauche, cette manière que tu as de te tenir debout dans un léger déhanchement, l’odeur mentholée de la lotion que tu appliques sur tes jambes après les avoir exposées au soleil. Ces mots « dégoûtant’, « rigolo’ qui étaient si nouveaux et qui ne le sont plus, la première télévision couleur, les premiers cinémas d’art et d’essai, les premières pilules contraceptives, tes jupes beaucoup trop courtes, la chanson « Summer of Love’ que l’on écoutait à la radio, tout cela est toujours présent.
Tu me conduis, ce printemps-là, vers la modernité.  »

Comment peut-on aimer quand le monde entier vous désire ?
De Paris à Rome à la fin des années 60, une histoire aussi brève que solaire entre  » Bri « , la plus belle fille du monde, l’une des plus célèbres aussi, et un jeune homme dont elle aura été le professeur d’amour.

Mon avis :
 J’ai souvent un problème avec les narrations à la première personne, que ce soit du singulier ou du pluriel, surtout quand ce « je » s’adresse directement à un « tu », qui n’est évidemment pas moi, son lecteur.
C’est le cas pourtant ici. Nous lisons la lettre que F. écrit à celle qu’il a aimée, celle qui signe ses lettres « Bri », suite à la parution de son autobiographie. On comprend qu’il s’agit de Brigitte Bardot l’une des plus grandes stars de l’époque. Le ton est à la confidence:
« Avant-hier, les premières piles de ton autobiographie étaient en vente à la librairie Lamartine, rue de la Pompe.
Je me suis précipité pour l’acheter, j’étais content d’avoir enfin de tes nouvelles.
J’ai aussi cherché, une petite part de narcissisme  ne fait pas de mal, si tu parlais de moi, des dix semaines que nous avons passées ensemble. J’avais peu d’illusion. Je ne suis pas le dernier ni le premier dans ta liste d’amoureux, mais tu me consacres une phrase et elle me plaît beaucoup. ».
Et pourtant, il faut bien que ça arrive parfois, j’ai cette fois-ci beaucoup aimé. C’est un texte forcément intime, mais aussi touchant, poignant. Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, ce n’est pas la lettre plaintive d’un ancien amant délaissé, j’ai plutôt l’impression que notre narrateur veut évoquer ses souvenirs, comme pour les faire revivre, et expliquer que cette histoire n’a pas été la fin de sa vie, mais au contraire, le début de quelque chose : c’est grâce à elle qu’il connait l’amour, c’est la première fois qu’il connait un sentiment aussi fort, ne l’ayant jamais éprouvé avant,  malgré ses amourettes.

Le choix de « Bri » est bien choisi : on reconnait facilement de qui il s’agit, tant son portrait est singulier. On sait tous la souffrance qu’elle ressentait, son besoin constant d’aller vers les hommes, cette femme capable de tout donner : un caractère difficile à dessiner, tant elle incarne à la fois la force et la faiblesse. J’ai été touchée par sa capacité à rester indifférente au monde qui l’entoure, refusant de s’en laisser affecter, se contentant parfois d’être juste là.

Je ne peux pas en dire plus, c’est vraiment un livre plein d’émotions, bouleversant. La belle plume de Colombe Schneck nous emmène et nous fait vivre et partager ces moments passés.

Un pur moment de douceur, d’authenticité, de poésie. Un délice littéraire.

Quant à ceux qui se demandent si c’est une histoire vraie que nous lisons, l’auteur a précisé, dès les premières pages que « ce livre est une œuvre de fiction ».
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3 commentaires sur « Mai 67, Colombe Schneck »

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