[Jeunesse] La décision, Christophe Léon

 

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Surdoué du football, Zaïm, jeune orphelin syrien, est repéré dans un camp de réfugiés. Envoyé dans le centre d’entraînement d’un grand club à Stuttgart, il s’entraîne pour être le meilleur. Le garçon est promis à une grande carrière sportive et il est prêt à tout pour y arriver. Mais pour cela, Zaïm va devoir prendre une décision qui pourrait bouleverser toute sa vie…

Mon avis :

Voici une histoire courte, qui va directement à l’essentiel. Zaïm a toutes les prédispositions pour devenir un très grand joueur de foot. Recruté alors qu’il n’est qu’un garçon, il est conduit en Allemagne pour suivre un entrainement intensif. Il est ravi. Seul point négatif : il est trop maigre, mais il est prêt à avaler tout ce qu’on lui donnera pour se remplumer. Malheureusement, Zaïm va déchanter. Petit à petit il découvrira le revers de la médaille… Entre les aspirants grands joueurs, la solidarité n’est pas de mise. Est-il prêt à ça ?

Zaïm est un personnage courageux, il se rend compte que réaliser ses rêves n’est pas sans conséquence. Entre dopage, mensonge et manipulation, la découverte de la réalité pour le petit garçon est douloureuse.

Un roman paru aux éditions Oskar !

Christophe Léon c’est aussi …

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[Jeunesse / YA] Fani, Christophe Léon

[Jeunesse / JA] Hoax, Christophe Léon

[Jeunesse] Argentina, Argentina, Christophe Léon

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[Jeunesse ado / YA] Plastique apocalypse, Arthur Ténor

 

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À l’origine, le Plastivorax était une formidable avancée en biotechnologie. Côté pile, on allait traiter sans résidu ni pollution tous les déchets en plastique de la Terre. Côté face, son inventeur empocherait des milliards de dollars. Mais c’était sans compter avec le petit détail qui tue. Une broutille que refusa de voir cet apprenti sorcier qui croyait tout maîtriser, jusqu’aux lois de la nature. Résultat : rien moins que la fin du monde – enfin… tel que nous le connaissons.

Mon avis :

Le Plastivorax, qu’est-ce que c’est ? Une découverte qui changera le monde promet Richard Buttler, le PDG de Bio Tech Ingénierie. Il ne croit pas si bien dire.

Minuscule créature, inoffensive en apparence, le Plastivorax se nourrit de plastique en transformant ce dernier en un composé carboné : le rêve ! Finie la pollution ! La méthode ? Grâce à la chaleur, la bactérie se réveille. Elle contient un gène qui lui permet de se développer très rapidement, entrainant l’arrivée de milliards de minuscules créatures, ce qui rend la destruction du plastique très rapide. Autre point fort : un autre gène réduit sa vie à une dizaine de minutes, ce qui veut dire qu’une fois le travail terminé, les bactéries meurent. C’est ainsi que le PDG présente la découverte de Dimitri Karadine sur un plateau télé, se l’appropriant. Face à son écran, Dimitri Karadine fulmine. Mais, il n’a pas le temps de se lamenter sur le vol de son idée : quelqu’un sonne à la porte de sa maison, un de ses collègues. Il a découvert des spores de Plastivorax, ce qui signifie que la bactérie ne meurt pas, elle sommeille, et il suffit d’un peu d’eau pour la réanimer.

Dans un monde où règnent le plastique et l’envie de s’enrichir peu importe les conséquences, le danger approche à grand pas. Les bactéries mangent tout le plastique sur leur passage, provoquant des perturbations, des incendies puis des catastrophes. Elles se rapprochent d’ailleurs des centrales nucléaires…

Comment ne pas se sentir concerné par le sujet ? La pollution n’est plus à démontrer, les océans se transforment en décharge de plastique, nous ne savons plus quoi faire des déchets que nous surproduisons. J’ai un gros coup de cœur pour ce roman. Arthur Ténor capte très rapidement notre attention et signe ici une fable percutante. Bravo ! Ce roman trouvera sa place dans les CDI de nos établissements scolaires et devrait plaire à nos élèves (je pense notamment aux 3èmes).

Pour celles et ceux qui ont le livre (les autres, il faudra vous le procurer), j’ai beaucoup aimé à la page 69 la remarque sur les accords internationaux… une petite phrase qui semble simple mais qui, selon moi, ne peut que nous amener à nous interroger sur notre futur.

Retrouvez les premières pages sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

Autres romans parus dans la collection Rester Vivant :

[Jeunesse / ado] A la belle étoile, Eric Sanvoisin

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

[Jeunesse/ YA] Emma, Tess Corsac

L’Antarctique, le rêve d’une vie, Mike Horn

 

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Présentation :

« Traverser l’Antarctique, c’était mon rêve d’enfant. J’ai décidé d’affronter cette immensité blanche en empruntant un itinéraire jamais exploré, le plus long que l’on puisse envisager : 5 100 km d’une trace presque rectiligne, avec, devant moi, la solitude, les champs de crevasses, les tempêtes de neige, les températures glaciales.
Cette traversée m’obligera, je le sais, à battre des records de vitesse pour ne pas être englouti par l’hiver. On me prédit l’enfer, une course contre la mort. Après trois semaines de bateau pour rejoindre le continent au milieu des icebergs, je plante fermement mes bâtons dans la glace, mes skis bien parallèles, un traîneau de 256 kg fixé aux épaules.
L’espace d’un instant, mon cœur se serre. Comme un début de vague à l’âme. Je repense alors à Cathy, ma femme, qui, avant de rejoindre les étoiles, m’avait soufflé :  » Vis pour moi, Mike, vis pour nous deux.  » Je ne me retournerai plus. Je regarderai devant. Armé de mon seul ski-kite et de mes mollets, je suis loin d’imaginer l’épreuve qui m’attend. »
Mike Horn

Le 7 février 2017, à 22 h 50, Mike Horn, seul et sans assistance, achève sa traversée de l’Antarctique. 5 100 km en 57 jours dans des conditions extrêmes qui l’ont poussé au bout de sa résistance.

Un incroyable combat contre les éléments qui fait de cet aventurier de 51 ans le plus grand explorateur des temps modernes.

Mon avis :

Dans ce nouveau roman, nous découvrons la dernière aventure de Mike Horn, un célèbre aventurier de l’extrême. Son objectif, expliqué plus haut, parait complètement fou, voire dangereux (mais on se doute que l’histoire finit bien, sinon l’auteur n’aurait pas pu nous la raconter !).

Ce récit est captivant. On a l’impression de vivre l’aventure à côté de l’explorateur, alors que nous sommes confortablement assis dans notre canapé, loin de tous les dangers.

Evidemment, les difficultés sont là et les aléas de son expédition sont au rendez-vous : météo capricieuse (jusqu’à – 50 degrés !), accidents qui endommagent le matériel, mais qui le blessent aussi, des autorités réticentes…  A chaque fois, Mike Horn nous surprend par sa capacité à se surpasser et à relever les nouveaux défis qui s’offrent à lui.

L’aura de sa femme, décédée, n’est pas pour rien dans sa réussite. Une dimension mystique s’échappe parfois du texte, nous donnant l’impression que sa femme est réellement là, à côté de lui.

Enfin, l’ensemble est servi par une écriture fluide, parfois teintée d’humour, d’autres fois plus poétique.

Si vous aimez déjà l’auteur, ce nouveau roman vous plaira, si ce n’est pas le cas : tentez l’aventure 😉

Un roman à retrouver sur le site de la maison d’édition XO  et dans toutes les librairies !

Autre roman de l’auteur chroniqué sur le blog :

Vouloir toucher les étoiles, Mike Horn

[Les petits/ Activités] Les licornes, les fruits et les légumes : on colle, décolle, recolle !

Bonjour,

Aujourd’hui je vous présente deux titres parus aux éditions Usborne, qui font le bonheur de ma petite puce.
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Les licornes ! Quelle joie de les habiller à l’aide des autocollants, mais aussi de vêtir les petites filles ou de décorer les paysages qui les entourent. Avec 200 autocollants, il y a de quoi faire !

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(en cours de réalisation)

Les couleurs sont vives, les doubles pages enchanteresses ! La couverture est brillante et pailletée. Les autocollants peuvent être décollés et repositionnés grâce aux pages plastifiées.

Le petit point que j’ai beaucoup apprécié : la page simple au début du livre et la double à la fin sur lesquelles on peut placer les autocollants qu’on décolle avant de les recoller ailleurs ! Ma fille passant son temps à habiller et déshabiller les petites filles et les licornes, c’est bien pratique !

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Le deuxième album nous entraine dans le monde des fruits et des légumes !

Celui-ci est plus ludique. Il permet de reconnaitre et de découvrir un grand nombre de fruits et de légumes, et pas uniquement les plus classiques (j’ai découvert les cébettes et les mangoustans) ! Des informations sont données tout au long des pages (la définition du fruit et du légume, comment ils poussent, ce qu’est une serre, un potager…). Les autocollants sont regroupés à la fin et il est indiqué à quelles pages il faut les coller.

Merci aux éditions Usborne !

 

 

[Jeunesse] Le secret des enfants d’Aumélys, Véronique Petit

 

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Suite au décès accidentel de sa sœur aînée, Sarah, 15 ans, quitte Lyon avec ses parents pour s’installer dans le petit village d’Amaulys. Au collège, elle découvre qu’un lien fort et secret unit les enfants originaires de la commune. Sarah se rapproche de Gabriel et de Faustine, un frère et une sœur qui eux aussi sont rejetés par les autres. Mais elle se sent également très attirée par Liam.

Mon avis :

Sarah commence une nouvelle vie à Aumélys, un petit village perdu pas très loin de Lyon, qui ne compte pas beaucoup d’habitants. Ses parents ont hérité de la maison suite au décès d’un lointain cousin. Dans son nouvel établissement scolaire, elle peine à trouver sa place : elle est rejetée par les adolescents qui n’habitent pas son village mais elle n’est pas pour autant acceptée par ceux qui l’habitent : elle vient d’arriver, c’est une étrangère. Pourtant, au fur et à mesure elle sympathisera avec deux d’entre eux : Faustine et son frère Gabriel, qui semblent aussi être un peu exclus du clan des enfants d’Aumélys. Elle se sent bien en leur compagnie, mais un événement effrayant dans le cimetière du village viendra ternir la tranquillité que Sarah espérait retrouver.

Par la suite, elle se lie d’amitié avec Liam, un enfant du groupe. Sarah est très vite attirée par lui et sent que quelque chose se noue entre eux. Pourtant il reste méfiant, et il n’est pas le seul. Quand le père de Liam apprend que son fils doit aller travailler chez Sarah pour un exposé, il n’est pas content et se montre même très désagréable : pourquoi ?

En parallèle, on découvre l’histoire du Comte d’Aumélys au XIVème siècle : quel est le lien entre l’histoire actuelle du village et les faits passés ?

Ce roman se lit très facilement : on est vite pris par l’histoire, on a envie d’en découvrir la fin et on n’est pas déçu. Un très bon roman fantastique de Véronique Petit qui fera le bonheur des lecteurs !

 

 

 

[Jeunesse/ado] Titan noir, Florence Aubry

 

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Employée dans un parc océanographique, Elfie, 18 ans, devient rapidement dresseuse d’orques. Mais alors qu’elle nous raconte sa relation privilégiée avec l’une d’entre elles, Titan Noir, une autre voix dresse un panorama terrifiant de ces parcs… et nous dévoile l’identité réelle de cette orque. Inspiré de l’histoire d’un vrai cétacé, le roman de Florence Aubry s’inscrit dans les campagnes actuelles appelant à la fermeture des parcs aquatiques, où le spectacle de divertissement repose sur la captivité et la souffrance des animaux. Un roman bouleversant sur la condition animale.

Mon avis :

Elfie trouve un travail de caissière dans un parc océanographique. Elle est ravie de cet emploi, tout le monde semble heureux, même les animaux selon la jeune femme. Rapidement et sans savoir vraiment pourquoi, elle change de poste et se retrouve à s’occuper des manchots : les nourrir, les soigner. Elle apprend sur le tas et découvre que les animaux ne sont pas toujours tendres entre eux, prêts à s’en prendre aux plus faibles à la moindre occasion. Puis, elle quitte les manchots pour rejoindre Titan, une orque mâle. Elle sent progressivement un lien qui se noue entre elle et l’animal : mais est-ce la réalité ou une chimère ? Peut-on vraiment lier un lien avec un animal sauvage, même si ce dernier est enfermé depuis son plus jeune âge ?

La réalité du milieu, Elfie la découvre progressivement : les espaces restreints, les animaux qui ne sont pas toujours soignés comme il le faudrait, la faim qui les ronge et les oblige à se montrer obéissant pour espérer un poisson, pas toujours frais. Et si le parc océanographique n’était pas aussi idyllique qu’Elfie l’imaginait ?

En parallèle, nous suivons le témoignage d’un autre narrateur. On comprend qu’il connait très bien l’orque, Titan, qu’il le suit depuis longtemps. Les pages sont noires, de la couleur de l’orque, l’écriture blanche. On découvre l’histoire du cétacé, capturé dès son plus jeune âge, qui répondait avant au nom d’Oscuro et qui est devenu une orque tueuse d’hommes.

Voici un roman que j’ai lu quasiment d’une traite. L’auteure s’est inspirée d’événements vrais, ce qui rend le récit encore plus intense. La maltraitance animale est réelle, Elfie le découvre progressivement, dans toute son horreur. L’histoire est parfaitement ficelée et rappellera le film Blackfish un documentaire centré sur la vie de l’orque Tilikum, qui a aussi tué des hommes.

Un roman qui ouvre les yeux sur une réalité, la maltraitance animale, qui pourrait servir de point départ à un débat en classe avec les adolescents.

Un roman publié aux éditions du Rouergue !

 

 

Le cri du corps, Anne Véronique Herter

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« Le harcèlement est une descente en enfer qui ne cesse pas, qui mène à la dépression et parfois au suicide. C’est un virus qui contamine la famille entière et qui ne meurt pas lorsque l’on quitte l’entreprise source.  »

Récit intime et violent d’un combat aux limites de la mort, Le cri du corps est la chute et la lente reconstruction d’une jeune femme à qui tout réussissait, victime de harcèlement moral au sein de son entreprise. Son témoignage décompose l’inexorable mécanique d’une société qui a fait de l’humain un instrument de profit et un outil de promotion social.

Pourquoi subit-on un harcèlement dans le cadre professionnel ? Appartient-on inévitablement à l’une des catégories victime/ bourreau/ sauveur ? Et, surtout, comment s’en sortir et s’en protéger ?

Accompagnée de Cyril Bériac, aidant, d’Isabelle Courdier, psychologue du travail, d’Olivier Hoeffel, consultant en qualité de vie au travail et gestion des risques psycho-sociaux, de Clément Raingeard et Marine Freçon-Karout, avocats, et d’Anne-Catherine Sabas, psychanalyste et formatrice, Anne-Véronique Herter signe un document essentiel sur un mal tentaculaire devenu une réalité économique et sociale.

Mon avis :

J’aime beaucoup les romans d’Anne-Véronique Herter ( Zou et Prudence Rock) des histoires intenses, aux sentiments forts et poignants, sous une plume parfaitement maitrisée. J’aime aussi beaucoup l’auteure, ma jolie Anne.

Ce livre, j’avais très envie de le lire, même si une petite voix me soufflait que j’allais entrer dans l’intimité de l’auteure, découvrir un aspect d’elle que je n’imaginais pas, même si j’en ai suivi les larges contours.

Au cœur de ce livre : le harcèlement au travail, et ses conséquences graves, silencieuses parfois, jusqu’au trop-plein, et pernicieuses. La mécanique est parfaitement décortiquée et fait froid dans le dos : des petites remarques cassantes enrobées de miel, de la dévalorisation, de l’humiliation. Pourtant, on se donne corps et âme à son travail, et ce n’est pas qu’une expression : des heures d’insomnies, un cerveau qui devient incapable de penser à autre chose qu’aux derniers dossiers, on mange trop peu ou trop mal, on met en sourdine les signaux d’alerte que notre corps nous envoie, jusqu’à ce qu’il flanche.

Mais, ce n’est pas le seul message que nous livre l’auteure. Après cet acharnement, vient le moment de la reconstruction, l’essai en tout cas. Une remontée de la pente, si dangereusement descendue, tellement bas qu’on se demande si on sortira du gouffre. Un pas après l’autre, on respire un peu mieux.

Ce livre a, dès la semaine de sa sortie, fait parler. Pourquoi ? Parce qu’il est nécessaire. Parce que l’auteure a réussi à mettre des mots sur des maux, et verbaliser la violence et la souffrance subies n’est pas une mince affaire, c’est déjà un grand pas en avant. Reconnaitre qu’on souffre d’un harcèlement au travail est un premier pas, on pense à toutes celles et ceux qui acceptent sans broncher les remontrances pourtant injustifiées de leur hiérarchie, comme si la critique était légitime. A cette sensation qu’ils ressentent de ne pas être capable de réussir à faire quelque chose correctement, d’être nul finalement, sans intérêt. Que ce livre puisse leur faire prendre conscience qu’ils n’ont pas à subir tout ça.

Bravo, Anne-Véronique Herter !

Un roman publié aux éditions Michalon.