[Jeunesse 3 – 6 ans] La princesse Ortie, Frédéric Maupomé et Marianne Barcilon

Ortie n’était pas une princesse comme les autres. Elle n’aimait pas les pommes. Elle n’aimait pas filer la laine. Elle n’aimait pas jouer au croquet avec ses suivantes. Et surtout, surtout, elle détestait enfiler des robes de bal pour danser avec des imbéciles de princes. Mais justement, un prince, Ortie allait en rencontrer un…

Mon avis :

En voilà une histoire rigolote ! Ortie n’est pas une princesse classique : les pommes ? Filer la laine ? Les robes de bal ? C’est pas son truc… au grand dam de ses parents ! Ces derniers décident donc de l’envoyer chez sa vieille tante afin qu’elle apprenne les bonnes manières de princesse.

Ortie se rend seule dans son carrosse chez sa tante, pas vraiment ravie. Sur le trajet, elle percute un cavalier qui marchait : un prince ! Mais ils ont à peine le temps de discuter (ou plutôt de commencer à se disputer) qu’un dragon arrive et kidnappe le prince, pensant qu’il s’agit de la princesse ( ce n’est pas sa faute, le dragon est myope). Alors la princesse décide d’aller le sauver…

L’histoire fait rire. Elle amuse par le détournement des codes du conte merveilleux et par les situations. Elle sera aussi un parfait contre-pied aux histoires classiques de contes de fées !

Un album paru aux éditions L’école des loisirs !

[Rentrée littéraire 2021] La vie dissimulée, Marinca Villanova

Et brusquement, le monde rassurant s’écroule. Le père de Nina part, son frère s’endurcit, sa mère se met au lit. Elles vont désormais rester toutes les deux. Nina guette les infimes variations de la présence de sa mère, dans le souffle de sa respiration ensommeillée, dans les silences de sa mélancolie. L’étau se resserre, les instants de joie hors de la maison sont des moments volés. L’enfant le sait, sa mère est devenue incapable de survivre sans elle. Personne ne doit deviner ce qui leur manque. Parfois, lorsque Nina est seule, l’odeur de la forêt revient. Celle de bois pourri, de fougère et de mousse trempée.

Mon avis :

Nina voit dès son plus jeune âge sa famille exploser. Son père part, sa mère se renferme, son frère explose. Au milieu, il y a Nina, notre narratrice. Elle comprend que le départ de papa coïncide avec quelque chose de mal, mais elle ne sait pas quoi.

Au début, la grand-mère maternelle s’occupe des enfants : leur mère est hospitalisée. Du côté de la mère, ils reçoivent des parents de l’argent, rien de plus. Alors Nina, de retour chez elle avec sa mère qui n’est plus capable de s’occuper du quotidien, endosse le rôle de cheffe de famille, malgré son jeune âge. Puis, un jour, le père revient. Nina accepte de passer du temps avec cet homme qu’elle ne reconnait plus vraiment.

Je suis passée un peu à côté de ce livre. La situation familiale est très lourde, beaucoup trop pour une enfant. Néanmoins, en tant qu’enseignante, je sais que c’est quelque chose de réaliste. C’est peut-être ça, qui m’a déplu. Me prendre en pleine figure une nouvelle preuve que la société déraille. Mais il y a aussi ce sentiment de ne pas comprendre, de ne pas savoir vraiment le pourquoi de l’histoire et de rester au fil des pages sur ce « et ? ».

S’il ne m’a pas séduit, je vous conseille toutefois de vous faire votre propre avis : l’écriture de l’autrice est très agréable à lire.

Un roman publié aux éditions Eyrolles.

[rentrée littéraire 2021] L’arbre ou la maison d’Azouz Begag 

Présentation de l’éditeur :

De retour en Algérie, deux frères redécouvrent la maison de leur enfance, en même temps qu’un pays en pleine révolution démocratique.
Un voyage initiatique fait de chair, de larmes et de rires.

Après une longue absence et la mort de leur mère, deux frères lyonnais se rendent à Sétif pour s’occuper de la maison familiale à l’abandon. Tandis que Samy craint de retourner dans cette ville où il n’a plus de repères, Azouz veut assister à la révolution démocratique qui secoue le pays de leurs racines. Par-dessus tout, il espère retrouver Ryme, son amour de jeunesse. Mais une fois arrivés, ils ne reconnaissent plus rien, et aux yeux des locaux, ils sont des inconnus venus de France. Seul le peuplier planté par leur père devant la maison, un demi-siècle plus tôt, n’a pas bougé. Mais il a tellement poussé que ses racines en menacent les fondations. Un dilemme se pose : garder l’arbre ou la maison.

Dans ce roman ensoleillé, pétri de tendresse et d’humanité, Azouz Begag, avec un irrésistible sens de l’humour, confronte la nostalgie de l’enfance à la réalité d’un pays en effervescence, résolument tourné vers l’avenir par la soif de liberté.

Mon avis :

C’est par ce livre très touchant que j’ai commencé à découvrir la rentrée littéraire 2021. C’est aussi mon premier roman de l’auteur – et pas le dernier.

J’ai été touchée par les retrouvailles entre les deux frères, mais aussi par les émotions et les souvenirs qui les assaillent une fois arrivés en Algérie. Au départ, Samy n’est pas très motivé : l’Algérie lui semble loin, en terme de kilomètres mais aussi de liens, contrairement à Azouz, qui a une triple motivation : voir l’Algérie en proie à la révolution, retrouver Ryme mais aussi régler cette question d’héritage.

Alors qu’ils pensent rentrer dans un second chez eux, là où se trouvent leurs racines familiales, ils sont considérés comme des étrangers et la population ne leur est pas forcément favorable… Dans une Algérie agitée, il sera temps pour eux de faire des choix, et pas seulement celui de savoir s’ils gardent l’arbre ou la maison, dont les racines du premier menace la seconde. Je trouve le lien entre les racines de l’arbre et les racines familiales judicieux et très intéressant. Il exprime bien le dilemme identitaire pour ces binationaux.

Si j’ai été autant touchée, c’est peut-être parce que l’auteur raconte son histoire : il y a bien ce peuplier, planté par son père, qui menaçait les fondations de la maison, et toutes les questions qui en découlent. Puis, il y a aussi cette écriture, fluide et non dépourvue d’humour que j’ai beaucoup appréciée.

Je vous conseille ce beau roman, qui vous fera rire, et qui devrait vous toucher.

Le roman est sorti aux éditions Julliard.

[Jeunesse – ado ] Le vol d’Icare, Christine Deroin et Angélique Excoiffier

Valentin a dix ans quand il arrive dans sa nouvelle école. Sur un mur de sa classe est affichée une reproduction du collage de Matisse « Icare ». Valentin fera comme Icare, il volera. Valentin fera mieux qu’Icare, il volera loin, très loin. Il en est certain.

Enfin, pas toujours. Parfois, il est aussi certain d’être le plus nul des garçons.

Mon avis :

C’est certainement l’un des romans de la collection « saison psy » qui m’apprend le plus de choses. Je n’ai jamais été confrontée en tant qu’enseignante à un élève bipolaire, ni dans mon entourage personnel proche et j’ai particulièrement apprécié la façon dont le trouble est présenté ici.

Valentin a des crises de colère assez surprenantes. Il en sort complètement vidé, épuisé. Il n’arrive pas à se contrôler, c’est plus fort que lui. A côté, il y a des moments pendant lesquels il se pense invincible, comme quand il est persuadé qu’il pourra voler.

Nous voyons aussi la façon dont est vu Valentin par son entourage scolaire, qui ne parvient pas forcément à le comprendre. Si au début ils amusaient les autres, ils ont commencé à s’en éloigner, et même à en avoir peur. Ses parents sont très aimants, mais on sent aussi qu’ils sont dépassés.

Comme toujours dans ces livres, des « moments psys » s’intercalent entre les chapitres pour expliquer les réactions du personnage principal et nous donner plus d’informations sur le trouble en question (explication de la bipolarité chez l’enfant, les difficultés dans la vie sociale, les comportements à risque…). Ces conseils sont toujours aussi précieux et très éclairants (dans celui-ci, ils sont rédigés par Angélique Excoiffier)

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Muscadier!

D’autres romans de la collection « Saison psy » :

Sur le fil (trouble bordeline)

(Dé)connexions

Caméléon (trouble Asperger)

Les éditions Usborne ont ce qu’il faut pour occuper les enfants cet été !

Vous ne savez pas avec quoi occuper vos loulous pendant les vacances ? Voici trois livres qui ont été essayés et adoptés à la maison ! Pour retrouver le livre sur la maison d’édition, cliquez sur le titre !

Fées, lutins et elfes :

Celui-là, il est idéal pour les voyages en voiture, ou les repas au restaurant afin d’occuper votre enfant. Composé de 200 autocollants, l’album est riche en couleurs !

Je dessine pas à pas

On oublie la voiture pour celui-là, ce n’est pas le lieu le plus pratique !

Les enfants auront plaisir à apprendre à dessiner de nombreux animaux avec Poppy et Sam. Les explications sont claires, la réalisation des dessins suffisamment progressive pour ne pas perdre l’enfant. Et rien n’interdit l’adulte de suivre aussi les consignes sur une feuille blanche !

TOUT SAVOIR SUR L’ART

Ce beau livre de 98 pages est très réussi. Il permet à l’enfant de découvrir des réalisations célèbres, mais il explique aussi ce qu’est l’art, les différentes façons d’en faire, donne des conseils, parle d’angles, de composition, de couleurs, de techniques etc…

Je le trouve assez complet pour une première immersion dans l’art. C’est le genre de livre qu’on garde précieusement dans sa bibliothèque et qu’on ressort régulièrement pour apprendre de nouvelles choses ! Alors si vous avez des enfants curieux ou amateurs d’art : n’hésitez pas ! Il est indiqué pour les enfants à partir de 09 ans, je pense que mes collégiens (6ème / 5ème) aimeraient tout autant.

Lectures estivales : « M’asseoir cinq minutes avec toi » de Sophie Jomain et « Les Victorieuses » de Laetitia Colombani

J’ai lu plusieurs romans ce mois de juillet, mais il y en a surtout deux m’ont touchée, évinçant presque les autres tant j’ai été emportée par leurs histoires.

M’asseoir cinq minutes avec toi, Sophie Jomain.

Claire et Julien se sont follement aimés. Un coup de foudre, un mariage et enfin, une fille, Pauline, belle, parfaite… et différente.
Ils étaient prêts, ils la voulaient de toutes leurs forces, mais peut-on rester des parents unis face au handicap d’un enfant ?
Ce roman c’est l’histoire de Claire qui voit partir l’homme de sa vie, de Julien qui étouffe sous le poids de la culpabilité, de Pauline qui voudrait que son papa et sa maman s’aiment de nouveau.

Mon avis :

C’est une histoire très touchante, et certainement le roman que j’ai préféré de l’autrice. Une histoire de vie fabuleuse, pleine d’amour, de questionnements, de faiblesse, de souffrance. La vraie vie en somme. Pauline présente des troubles du spectre autistique. L’idéal (s’il en est un) d’une famille classique s’envole et le couple commence à battre de l’aile… Oui, mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire.

C’est un roman viscéral, d’une force peu commune. J’ai adoré suivre le point de vue de Claire, mais j’ai aussi apprécié que l’autrice prenne le temps de donner celui du père. L’alternance fonctionne très bien. Un vrai coup de cœur !

Les victorieuses, Laetitia Colombani

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out. Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce :  » association cherche volontaire pour mission d’écrivain public  » .
Elle déchante lorsqu’elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés… Dans le hall de l’immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l’accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables. A la faveur d’un cours de Zumba, d’une lettre à la Reine d’Angleterre ou d’une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier.
Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va se révéler étonnamment vivante, et comprendre le sens de sa vocation : l’écriture. Près d’un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Capitaine de l’Armée de Salut, elle rêve d’offrir un toit à toutes les femmes exclues de la société. Sa bataille porte un nom : le Palais de la Femme. Le Palais de la Femme existe.
Laetitia Colombani nous invite à y entrer pour découvrir ses habitantes, leurs drames et leur misère, mais aussi leurs passions, leur puissance de vie, leur générosité.

Mon avis :

Je voulais lire ce roman avant de lire « Le Cerf-volant ». J’avais adoré La tresse et je n’ai pas été déçue.

Laetitia Colombani parvient une nouvelle fois à me captiver : elle brosse avec brio les portraits de femmes fortes ou fragiles, mais criants de vérité. Les parcours sont pleins d’humanité. J’ai adoré découvrir Solène ainsi que les autres femmes du foyer, mais aussi le parcours de Blanche : un exemple de persévérance.

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris.

Présentation :

« Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. »

Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l’auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.

Mon avis :

Je savais en lisant ce livre que j’allais être émue. D’ailleurs, j’en ai retardé le moment. Je le regardais, de loin, à faire le beau dans les étals des librairies, à s’exposer inlassablement sur les réseaux sociaux. Nul doute : il me cherchait. On s’est trouvé. Un matin, je me suis réveillée en me disant que j’avais envie de lire, que j’avais envie de LE lire. Et c’était parti.

Pourquoi savais-je que ce livre allait m’émouvoir ? Je ne sais pas vraiment. Peut-être parce que ce n’est pas le premier livre que je lis de l’auteur et qu’il m’a déjà cueillie, peut-être parce que je repense au temps où j’étais en contact plus fréquemment avec lui pour les SP, peut-être parce que je me souviens de ce salon du livre, à Paris, en 2014, l’année des Lucioles, je crois. Je l’avais déjà rencontré quelques semaines plus tôt, à Lille, mais je ne m’en souviens guère. Pourquoi cette fois-là, à Paris, m’a marquée ? Je n’en sais pas plus. J’ai un souvenir à la fois précis et flou de l’auteur assis derrière la table, les piles de livres face à lui. Le salon était bondé, une odeur de transpiration mêlée de rire flottait, et il était là, visiblement paisible, le visage souriant. Je suis allée le voir plusieurs fois, un peu aimantée. La dernière fois, j’étais passée au stand de « J’ai lu » pour acheter « Au pays des kangourous », que je suis venue me faire dédicacer. Mais cela n’explique toujours rien. Il y a des visages qui marquent, parfois. Pas souvent chez moi, j’ai la mémoire visuelle vaporeuse. Là, ce n’est pas qu’un visage. C’était une présence.

Mais l’émotion n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai retardé la lecture de ce roman. Dans ce texte, l’auteur parle de lui, de sa vie, et j’ai toujours un peu de gêne à lire les récits introspectifs à tendance hautement autobiographique, s’ils sont contemporains. Cela me donne l’impression d’être une voyeuse, je ne trouve pas que ce soit un sentiment toujours agréable. Je sais qu’il faut que je passe au-delà pour apprécier le texte, ses mots, son rythme, sa structure narrative. Et c’est ce que j’ai fini par faire.

Parce que l’auteur ne fait que raconter un pan de son histoire. Il nous emmène auprès de lui, entrainés par le rythme des phrases et des paragraphes. Et j’ai beaucoup apprécié laissé le Gilles auteur / responsable de communication pour suivre le Gilles personnage. C’est un parcours plein d’embuches que nous propose ce roman, avec des moments très sombres, mais je trouve l’ensemble profondément lumineux… et vivant. Je ne détaillerai pas l’histoire de ce livre, qui est vraiment à lire. Je me casserai la figure sur les mots.

Gilles, j’ai été touchée, profondément. J’ai eu envie de m’asseoir à côté de ton ancien toi sur un banc, envie de sentir mes genoux toucher les tiens et de m’enivrer de silence. J’ai eu envie de te regarder droit dans les yeux pour te convaincre que tu as de la valeur et du talent, j’ai eu envie de câliner Franklin quand tu ne te sentais pas capable, que tu n’avais pas envie qu’il vienne te faire la fête. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je n’approche pas des chiens. Et je pense à toute cette violence, physique et verbale, qui peut détruire. A ces années nécessaires pour se reconstruire quand on a été brisé, au sens figuré, mais aussi au sens propre. Néanmoins, je veux surtout n’en retenir qu’une chose, Gilles : la route vers la lumière.

Un roman publié aux éditions Flammarion.

[BD] Entre les lignes, Baptiste Beaulieu, Dominique Mermoux

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Baptiste sombre dans une profonde mélancolie. Baptiste, lui, tombe des nues : Moïse,  son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.  Naviguant entre les grands drames du XXe siècle et des témoignages d’aujourd’hui glanés dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Baptiste devra percer le lourd secret  d’un homme et lever le voile sur un mystère  qui va chambouler toute une famille…

Mon avis :

Cette BD est une adaptation du livre à succès Toutes les histoires d’amour du monde, que je n’ai pas lu. J’ai donc découvert l’histoire au fil des pages.

Jean débarque un beau jour dans le cabinet de son fils, déboussolé. Il a entre les mains des dizaines de lettres consignées dans trois carnets, toutes adressées à la même personne : Anne-Lise Schmidt. Ses lettres ont une particularité : elles ont toutes été écrites à la même date au fil des ans, le 3 avril. Qui est cette femme ? Pourquoi n’écrire qu’à cette date ? Où est-elle, maintenant ? Quelle relation entretenait le grand-père de Baptiste avec cette personne ?

C’est à ces questions que Baptiste va essayer de répondre. Il va ainsi partir à la recherche d’informations, tiendra son père au courant de ses recherches en lui apportant régulièrement de nouveaux témoignages, qui aideront certainement son père à guérir mais, surtout, qui permettront au père et au fils de se retrouver, même quand éclatera la vérité.

rue de Sèvres

C’est une belle histoire, très touchante. A ce jour, puisque l’histoire est vraie, Anne-Lise Schmidt n’a pas été retrouvée.

Les illustrations sont aussi très réussies. Dominique Mermoux alterne entre des couleurs vives pour le présent et fond blanc et couleurs bleue et sepia pour le passé. J’aime beaucoup la façon dont les émotions sont dessinées : cela ajoute de la force au texte.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, Rue de Sèvres !

Caractéristiques :

168 pages, 21 x 27,5 cm, 20€

PARUTION 12 Mai 2021

9782810202508

L’amour à la page, Franck Thomas

Franck Thomas est le plus grand écrivain vivant… Sauf que personne ne s’en rend compte ! À commencer par son éditeur, qui refuse son nouveau manuscrit, celui qui devait lui apporter (enfin !) le succès tant mérité. Débute alors pour le romancier une quête à travers la jungle éditoriale, où la rencontre forcée avec une illustratrice jeunesse va réveiller les fantômes du passé, mettre son ego à l’épreuve et le pousser à découvrir le véritable sens de l’écriture…

Mon avis :

Voici un roman que j’ai sorti de ma PAL ! Il est sorti en janvier 2020 aux éditions Aux forges de Vulcain.

Franck est un auteur à presque succès. Son premier roman s’est écoulé à 57 exemplaires après tout, ce qui laisse une « marge de progression appréciable ». ! Son éditeur, Goliath M. (les éditions Deus Ex Machina) attend de pied ferme son prochain roman, mais à la lecture de ce dernier, il déchante et rejette le futur best seller de l’auteur Père Goriot Exorciste. Déçu, mais surtout fauché, Franck est agrippé par un agent littéraire qui loue son talent – sans l’avoir lu – et lui propose d’écrire… un roman pour enfant, dont l’illustratrice Julia Linua, connue pour son fameux Des prouts, pas du mazout ! ne parvient pas à écrire le texte. Et comme le monde est petit, il a déjà rencontré cette Julia Linua, et il n’en a pas gardé un bon souvenir…. Un texte jeunesse ? Facile ! En apparence seulement….

Franck est un personnage imbuvable, persuadé d’être « le nouveau Balzac ». Il représente l’auteur persuadé d’avoir un talent fou que le vulgaire n’est pas capable de reconnaitre : un personnage caricatural, mais drôle. Il en va de même pour les personnages secondaires.

L’histoire ne suit aucune logique. L’auteur nous emmène de rebondissements en rebondissements, parfois loufoques, mais souvent pleins d’un cynisme ou d’un sarcasme que j’ai beaucoup appréciés. Ceux qui ont l’habitude de longer les rangs du Salon du livre trouveront certaines descriptions d’ailleurs plus proches de la réalité que de la fiction.

Un roman paru aux éditions Aux forges de Vulcain !

[BD] Alicia, Prima Ballerina Assoluta – Eileen Hofer et Mayalen Goust

Dans les rues de La Havane, entre 1959 et 2011, les vies se croisent et se recroisent. Aujourd’hui celle d’Amanda, jeune ballerine en devenir. Hier, celle de Manuela, mère célibataire, qui n’aura fait qu’effleurer son rêve de danseuse classique et enfin celle d’Alicia Alonso, dont on suit l’ascension vers la gloire jusqu’à devenir prima ballerina assoluta au parcours exceptionnel. Dans un Cuba où règnent la débrouille et l’entraide, tout autant que la dénonciation et le marché noir, l’histoire de la démocratisation de la danse classique rime singulièrement avec l’avènement du régime révolutionnaire. Pour Amanda, la compétition est rude pour être parmi les meilleures tandis que pour Alicia, les choix ne sont plus seulement artistiques mais politiques, lorsqu’on voudra faire d’elle un instrument de l’idéologie castriste.

Mon avis :

L’histoire se déroule donc dans la Havane. Nous suivons la vie de trois femmes : Manuella, Amanda (2011) et Alicia Alonso, une danseuse cubaine qui a existé, devenue malgré sa cécité grandissante « prima ballerina assoluta », un titre symbolique accordé aux meilleures ballerines. C’est elle qui est souvent associée au rôle de Giselle dans le fameux ballet de « Le lac des Cygnes », composé pourtant presque 100 ans plus tôt. Elle a aussi fondé le Ballet national de Cuba et a créé le style dit « école cubaine ».

Alicia est associée au régime cubain castriste, et c’est une part de Cuba dans les années 1960 que nous retrouvons au fil de pages : l’arrivée au pouvoir de Castro, les camps de travail pour les homosexuels, la délation, la précarité économique… Le milieu de la danse y associe le thème de la compétition, mais aussi ceux de la passion et du courage. L’ensemble est très réussi.

Enfin, un mot sur les illustrations, que je trouve particulièrement réussies. Les couleurs sont douces, magnifiques et les émotions parfaitement retranscrites.

source : éditions Rue de Sèvres

Œuvre de fiction basée sur des faits réels cette BD, qui s’adresse autant aux ados qu’aux adultes, devrait vous plaire !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Rue de Sèvres !