[Jeunesse/ado] Titan noir, Florence Aubry

 

9782812615979

Employée dans un parc océanographique, Elfie, 18 ans, devient rapidement dresseuse d’orques. Mais alors qu’elle nous raconte sa relation privilégiée avec l’une d’entre elles, Titan Noir, une autre voix dresse un panorama terrifiant de ces parcs… et nous dévoile l’identité réelle de cette orque. Inspiré de l’histoire d’un vrai cétacé, le roman de Florence Aubry s’inscrit dans les campagnes actuelles appelant à la fermeture des parcs aquatiques, où le spectacle de divertissement repose sur la captivité et la souffrance des animaux. Un roman bouleversant sur la condition animale.

Mon avis :

Elfie trouve un travail de caissière dans un parc océanographique. Elle est ravie de cet emploi, tout le monde semble heureux, même les animaux selon la jeune femme. Rapidement et sans savoir vraiment pourquoi, elle change de poste et se retrouve à s’occuper des manchots : les nourrir, les soigner. Elle apprend sur le tas et découvre que les animaux ne sont pas toujours tendres entre eux, prêts à s’en prendre aux plus faibles à la moindre occasion. Puis, elle quitte les manchots pour rejoindre Titan, une orque mâle. Elle sent progressivement un lien qui se noue entre elle et l’animal : mais est-ce la réalité ou une chimère ? Peut-on vraiment lier un lien avec un animal sauvage, même si ce dernier est enfermé depuis son plus jeune âge ?

La réalité du milieu, Elfie la découvre progressivement : les espaces restreints, les animaux qui ne sont pas toujours soignés comme il le faudrait, la faim qui les ronge et les oblige à se montrer obéissant pour espérer un poisson, pas toujours frais. Et si le parc océanographique n’était pas aussi idyllique qu’Elfie l’imaginait ?

En parallèle, nous suivons le témoignage d’un autre narrateur. On comprend qu’il connait très bien l’orque, Titan, qu’il le suit depuis longtemps. Les pages sont noires, de la couleur de l’orque, l’écriture blanche. On découvre l’histoire du cétacé, capturé dès son plus jeune âge, qui répondait avant au nom d’Oscuro et qui est devenu une orque tueuse d’hommes.

Voici un roman que j’ai lu quasiment d’une traite. L’auteure s’est inspirée d’événements vrais, ce qui rend le récit encore plus intense. La maltraitance animale est réelle, Elfie le découvre progressivement, dans toute son horreur. L’histoire est parfaitement ficelée et rappellera le film Blackfish un documentaire centré sur la vie de l’orque Tilikum, qui a aussi tué des hommes.

Un roman qui ouvre les yeux sur une réalité, la maltraitance animale, qui pourrait servir de point départ à un débat en classe avec les adolescents.

Un roman publié aux éditions du Rouergue !

 

 

Publicités

[Jeunesse/ado] Mes nuits à la caravane, Sylvie Deshors

9782812616112

Présentation :
Lucile a perdu sa mère adorée il y a quatre ans, et depuis, son père a sombré. Un jour, exaspérée, elle quitte la maison et s’installe dans une caravane, au bout du pré, dans laquelle sa mère aimait se réfugier pour peindre. Avec l’aide de trois copains, elle se construit un refuge, mais mène aussi l’enquête sur les raisons de la faillite du restaurant de ses parents… Portrait positif d’une bande d’adolescents, luttant contre la désespérance et l’ennui, dans un petit bourg du Limousin.

Mon avis :

Voici un chouette roman, publié aux éditions du Rouergue. Lucile ne supporte plus de devoir tout faire chez elle depuis le décès de sa mère : elle fait les courses, le ménage, elle a l’impression de prendre le rôle de l’adulte face à un père qui n’a plus de travail et qui se laisse aller. Un jour, elle décide de partir dans la caravane au fond du jardin, une caravane dans laquelle sa mère venait se réfugiait pour peindre et chercher l’inspiration. Aidée par de très bons amis, le lieu est vite habitable et il devient un peu le repère des jeunes, même si parfois Lucile aspirerait à un peu plus de solitude.

Lucile va passer plusieurs nuits dans sa nouvelle habitation. Les échanges avec son père sont réduits au strict minimum, il ne vient pas la voir ce qui lui convient, de toute façon elle ne saurait pas quoi lui dire. Mais, des petites attentions finissent par apparaitre… et si son père se reprenait enfin en main ?

Parallèlement, Lucile fait des découvertes concernant l’ancien travail de son père. Ce dernier possédait un restaurant qui a brûlé. Les dettes de son père ne lui ont pas permis de se relancer, l’absence d’envie aussi. A l’époque, on parlait d’un accident… était-ce réellement le cas ? Des indices vont pousser Lucile à mener l’enquête et à découvrir la vérité.

C’est un roman très riche, avec des thèmes variés et intéressants : le deuil, la relation entre un père et sa fille, l’amitié et sa force, l’amour aussi. Un roman plein d’optimisme, comme une fenêtre qui s’ouvre et qui nous offre le portrait d’un bande d’adolescents bien décidés à profiter de leur vie.

 

[Jeunesse / ado] A la belle étoile, Eric Sanvoisin

Les voilà ! Les nouveaux romans de la collection « Rester Vivant » aux éditions Le Muscadier sont sortis ! Quatre petits romans, tous prometteurs, dont je vous parlerai ici.
A-la-belle-etoile

Quatrième de couverture :

Yaëlle a un grand frère handicapé, Pierrot. Un matin, elle lui propose de l’accompagner à l’école. Pierrot est ravi : ça fait tellement longtemps qu’il rêve d’aller à l’école des gens normaux. Mais quand on se moque de lui, il perd tous ses moyens. Alors, il fugue et s’égare dans la ville, où il rencontre la Dame, qui vit dans la rue et dans un château en carton.

Mon avis :

Voici un livre aussitôt reçu, aussitôt lu ! Il faut dire qu’il est court (80 pages), mais l’histoire est aussi très prenante.

Première chose que j’ai appréciée : la narration. Nous n’avons pas seulement accès au point de vue de Yaëlle, nous suivons des événements (la fuite du petit garçon, la rencontre avec Justine, qui est SDF…) à travers le regard des personnes concernées, une pluralité de regards qui donne une force au texte.

Ensuite, j’ai aimé suivre le cheminement des pensées de Pierrot, cet ado de dix-huit ans qui doit rester chez lui, faute d’avoir une place dans un établissement adapté.

La phrase que j’ai préférée le concernant est certainement celle-ci :

« Maintenant, je suis majeur… ça doit être une maladie horrible parce que depuis que je suis majeur, je reste seul toute la journée. »

Pour lui, il n’est pas handicapé, puisqu’il n’a pas de fauteuil, il est simplement différent. Il n’aime pas qu’on se moque de lui, ça le rend boudeur et malheureux, il ne comprend pas le second degré, il aime qu’on soit autour de lui, supportant difficilement la solitude et, surtout, il est terriblement attachant. On regretterait presque que le livre ne soit pas plus long, on ne veut pas abandonner Pierrot si vite.

Mais, j’ai bien écrit « presque » car si ce livre est court, ce n’est pas un mal. Le lecteur peut laisser libre cours à son imagination, et se créer en parallèle sa propre histoire. On ne sait pas pourquoi la Dame, Justine, se retrouve sans domicile fixe, alors qu’on apprend qu’elle était avant institutrice, si c’est vraiment un choix, comme le pense la mère des deux enfants ou si c’est un enchainement de mésaventures. On sait seulement, en plus des informations sur son ancien métier, qu’elle a perdu ses proches et on comprend qu’elle ne doit plus avoir grand monde autour d’elle. Autre point positif de ce court récit  : les petits lecteurs ne seront pas rebutés par le nombre de pages. Le roman va à l’essentiel et l’histoire peut intéresser n’importe quel élève.

En résumé, c’est un très chouette roman que nous offre Eric Sanvoisin. Les thèmes abordés (le handicap, le regard de l’autre mais aussi celui qu’on porte sur soi, le fait de vivre dans la rue) sont très intéressants et sont d’excellents points de départ pour aborder ces sujets de société.

Petite suggestion à l’auteur : on pourrait peut-être retrouver Pierrot dans un autre roman ? 🙂

Autres romans de la collection :

Phobie, Fanny Vandermeersch

[Jeunesse/ YA] Emma, Tess Corsac

[Jeunesse] Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

 

 

[Jeunesse] Moi, Zénobie Abernathy, Justine Jotham

 

CVT_Moi-Zenobie-Abernathy_6536Présentation :

Salut, moi, c’est Zénobie Abernathy ! Mais les camarades préfèrent m’appeler Je-sais-tout, Grosse-Tête ou bien Cerveau-Bionique. Bref, les moqueries, je connais. Pas si facile d’être une « intello », surtout avec une mère qui vous considère comme un génie et qui vous affuble de la pire des tenues pour faire votre rentrée en sixième. Heureusement, il y a Léa, ma meilleure amie, car ma vie de collégienne est loin d’être de tout repos.
Un jour, le Big Louchard, le prof de SVT, décide de retenir toute la classe après la sonnerie. Je ne le sais pas encore, mais ma vie est sur le point de basculer…
Mon avis :
Zénobie est collégienne. Elle fait son arrivée en 6ème en fanfare avec une tenue de petite fille modèle préparée par sa mère, et qui la fera directement entrer dans la case « looser ». Elle devient néanmoins amie avec Léa, une jeune fille qui grandit dans l’ombre du succès de sa sœur, et Théodule, un étrange jeune garçon qui lui sauve la mise à plusieurs reprises. Zénobie a une particularité : elle est très intelligente, c’est une enfant HPI, à haut potentiel intellectuel.
Un beau jour, elle prend une décision : devenir un cancre. Ainsi, elle pourra peut-être se faire plus facilement accepter des autres.
Je suis très mitigée sur ce roman. J’aime beaucoup l’auteure, et je continuerai à la lire, mais j’ai peu accroché sur cette histoire qui me semblait prometteuse. J’aimais bien l’idée d’un personnage principal à haut potentiel mais, à part pour montrer qu’elle est en décalage par rapport aux autres ( ce qui n’est pas uniquement le cas de ces enfants-là) cela ne sert pas vraiment le roman. Un autre tome est prévu, j’imagine qu’on comprendra mieux à ce moment-là.
La fin est attendue et plaisante, c’est certainement le passage que j’ai préféré, là où Zénobie m’a le plus touchée.
Un roman aux éditions Oskar !

[Jeunesse] Deux secondes en moins, Marie Colot et Nancy Guilbert

 

CVT_Deux-secondes-en-moins_4331

Deux lycéens racontent l’impensable, le drame, la révolte, dans un roman puissant et rempli d’espoir.

Depuis qu’un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l’accident, est immense, comme sa solitude.

Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d’emménager.

Pour l’un et l’autre, tout s’est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer…

Et pourtant, Igor et Rhéa reprennent jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.

Mon avis :

Généralement, voir le nom de Marie Colot sur une couverture de livre suffit à me donner envie de le lire. Dans ce roman, la quatrième de couverture me plaisait aussi : j’avais l’impression qu’il m’annonçait un roman fort, touchant, que je ne voudrai pas lâcher. C’est exactement ce qu’il s’est passé.

J’ai été très touchée par cette histoire, tellement que j’ai mis longtemps à me lancer dans la rédaction de la chronique, ne sachant quoi écrire.

Igor et Rhéa sont parfaitement bien décrits. On se les imagine de plus en plus précisément au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire, on s’y attache, on veut les garder près de soi.

Ils ont tous les deux un caractère bien trempé, façonné par leurs histoires différentes mais difficiles. Ils ont des points communs : ils se sentent seuls, à des kilomètres des préoccupations ordinaires des autres adolescents de leur âge, incompris, malheureux. Des questions les assaillent régulièrement : comment continuer à vivre après un traumatisme, qu’il soit physique ou mental ? Et même : comment avoir encore envie de continuer à vivre ? Un autre point commun les unit : le professeur de piano. Un homme qui mettra tout en place pour penser les plaies et redonner confiance à ces deux êtres cabossés trop tôt. Un chemin qui sera long et pas toujours facile, mais salutaire.

Côté écriture, les mots sont bien choisis, sans désespoir larmoyant et suffisamment forts pour nous prendre parfois aux tripes et au cœur. On ressent bien deux personnalités différentes qui se complètent parfaitement. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce livre : l’écriture à quatre mains (une auteur pour un personnage).

Un texte qui plaira aux adolescents, mais aussi aux adultes qui peuvent se sentir concernés. De mon côté, j’ai hâte de découvrir d’autres romans de Nancy Guilbert, que je découvre ici.

Aux éditions Magnard.

Retrouvez les avis de Noukette et Jérôme !

D’autres romans de Marie Colot :

[Jeunesse] Quand les poissons rouges auront des dents, Marie Colot

[Chronique jeunesse] Les baleines préfèrent le chocolat, Marie Colot

[Jeunesse] A l’encre rouge, Marie Colot

[Jeunesse] En toutes lettres, Marie Colot

Souvenirs de ma nouvelle vie, Marie Colot

Dans de beaux draps, Marie Colot

 

[Mes romans jeunesse] Mon cœur en confettis, aux éditions Ravet-Anceau !

Capture.PNG

Demain va sortir mon deuxième roman jeunesse, Mon cœur en confettis. Il verra le jour aux éditions Ravet-Anceau, une maison d’édition que j’aime beaucoup, basée dans le Nord de la France. S’ils sont surtout connus en jeunesse pour leur Polars en Nord (des noms comme Gaylord Kemp, Christine Vauchel, Josette Wouters ou encore Eric Callens doivent vous dire quelque chose) ils s’ouvrent à une littérature jeunesse plus générale.

Ce roman, j’ai commencé à l’écrire il y a deux ans. Il était enfoui dans un tiroir (ou plutôt, dans un fichier 😉 ) depuis un an, jusqu’à ce qu’une éditrice de la maison d’édition me demande si j’ai un texte en stock. On l’a un peu retravaillé, l’histoire est restée la même dans l’ensemble, mais elle a gagné en intensité.

Comme à chaque sortie de roman (dit comme ça, ça fait comme si j’en avais déjà sortis des dizaines alors que je ne suis qu’à trois), j’ai le trac. Trouvera-t-il ses lecteurs ? La maison d’édition a-t-elle raison de croire en  moi ? Les lecteurs l’aimeront-ils ? Et si tout ça n’était qu’une blague  ? Imaginez : demain, en me levant, je reçois un mail dans lequel on m’écrit « haha, tu as vraiment cru qu’on allait te publier ? Retourne te coucher ! »

L’horreur.

Ce roman, il est différent de Phobie, mon premier roman jeunesse qui a pour sujet la phobie scolaire – un sujet plutôt sérieux – ou de Aux livres exquis, une romance contemporaine, axée feel-good. Ici, ce sont les tribulations d’une jeune adolescente, Axelle, qui sont racontées. Elle débarque fraichement dans un nouvel établissement scolaire, suite au divorce de ses parents, et enchaine les catastrophes !

Bref, demain Axelle commence sa nouvelle vie, je vous la confie.

Je reviens vers vous d’ici quelques mois, pour vous donner des nouvelles !

http://edition.ravet-anceau.fr/produit/mon-coeur-en-confettis/

https://www.amazon.fr/Mon-coeur-confettis-Fanny-Vandermeersch/dp/235973699X/ref=asap_bc?ie=UTF8

[Jeunesse] La légende des quatre, Cassandra O’Donnell

CVT_La-legende-des-4-tome-1--le-clan-des-loups_4489

Ils sont quatre, héritiers de leurs clans. Ils doivent s’unir pour survivre. Loup, tigre, serpent, aigle : quatre clans ennemis. Les Yokaïs, créatures tantôt humaines, tantôt animales, vivent dans une harmonie fragile. Maya, l’héritière du clan des loups, et Bregan, du clan des tigres, sont les garants de la paix. Mais pourront-ils résister à leurs instincts profonds pour sauver leurs tribus ?

Mon avis :

La sortie d’un roman de Cassandra O’donnell est toujours un grand moment. Je l’ai découverte avec la série Malenfer que j’ai dévorée, avant d’en faire autant avec Sombreterre. J’ai aussi, dans un autre genre, adoré Les aventures improbables de Julie Dumont. En plus, pour ne rien gâcher, l’auteure est absolument adorable, et très abordable : ses abonnés sur les réseaux sociaux vous le confirmeront !

Ici, nous nous invitons dans le monde des Yokaïs, des êtres qui ont un aspect animal et un autre aspect humain. Ils choisissent la forme sous laquelle ils veulent apparaître, alternant l’un et l’autre selon les besoins.

Quatre clans existent : les Lupaïs, les Taïgans, les Rapaïs et les Serpaïs, respectivement des loups, des tigres, des aigles et des serpents. Tous ont leur point forts et leurs points faibles, et leurs rapports ne sont pas vraiment amicaux. Ils restent chacun sur leur territoire, et s’ils se rencontrent en terrain neutre, comme à l’école, ils ont interdiction de se parler. A côté vivent les hommes. On comprend que quelques temps plus tôt ces derniers ont été en partie tués, punis pour avoir saccagé les ressources de la terre.

Si les relations sont inexistantes entre les adultes des différentes tribus, il en est autrement pour les héritiers de ces quatre clans… et si la paix règne, les morts d’un Lupaï et d’un Taïgan pourraient bien bouleverser ce fragile équilibre.

Un univers séduisant et riche, pleins de promesses,  qui donne envie à ses lecteurs de savoir la suite !

A découvrir aux éditions Flammarion.

D’autres romans de l’auteure :

Sombreterre, tome 1, Cassandra O’ Donnell

Malenfer tome 3, Cassandra O’Donnell