Si par hasard, Ludovic Lecomte

Si par hasard …

Vous découvriez sur Internet la photographie d’une objet que vous pensiez perdu pour toujours. Un objet anodin en apparence mais auquel sont attachés des souvenirs inoubliables, des émotions puissantes, des secrets…
Alors que Julien pénètre dans les entrepôts de la ville de Paris et cherche un cadenas accroché autrefois sur le Pont des Arts, son regard est attiré par d’autres cadenas, des cadenas étranges ornés de dessin. Sans vraiment réfléchir, il les vole et décide de remonter le fil de leur histoire.
Le lendemain, malgré les avertissements de Marine, sa meilleure amie, il publie un premier cliché sur Internet, n’imaginant pas un instant les mystères que recèlent les symboles.
De Paris en Eure-et-Loir puis de la Vendée en Angleterre et de Normandie en Australie, Julien entraîne Marine au cœur d’un périple palpitant.

 

Mon avis :

Ce n’est pas toujours facile de parler d’un roman qu’on a aimé dès la première lecture, lorsqu’il n’était encore qu’un manuscrit, et qu’on a retrouvé avec tout autant de plaisir, quelques mois plus tard. Ce livre m’a touchée et véritablement émue. J’avais déjà aimé les premiers livres de Ludovic Lecomte (Partir, revenir, rester et Aujourd’hui est un beau jour). Avec Si par hasard, l’auteur ne fait que confirmer une chose : il a un talent fou, et une plume qui s’affirme de plus en plus.

Julien cherche à rendre dix cadenas anciennement accrochés sur le Pont des Arts. Il les a subtilisés dans un entrepôt. Pourquoi ? Pour qu’ils retrouvent leurs propriétaires : à quoi peuvent-ils encore servir, dans un entrepôt de toute façon ? L’idée peut sembler étrange, on a un peu l’impression que ce sera rechercher une aiguille dans une botte de foin, même en s’aidant des réseaux sociaux. Mais pourtant, secondé par son amie Marine, il y arrive, mais je ne vous dirai pas si c’est le cas pour tous. En échange, il demandera aux propriétaires des cadenas une seule chose : qu’ils racontent leur histoire. Comme vous vous en doutez, des rencontres en découleront, ainsi que des voyages et des surprises.

L’un des points forts de ce roman, c’est la narration. Les échanges de mails sont prédominants, ce qui change de qu’on peut lire habituellement. C’est plutôt amusant je trouve de lire les adresses mails des destinataires pour savoir entre qui s’effectue la prochaine correspondance.

Julien est un personnage attachant, et on est heureux pour lui à la fin du roman. C’est un homme sensible, tourné vers les autres, au grand cœur : le genre de personnage qu’on aimerait rencontrer dans la vie réelle. Les différents personnages rencontrés sont bien décrits, avec justesse, j’ai réussi à tous les visualiser, et je savoure encore plus un texte quand j’arrive à me faire ma propre adaptation cinématographique 😉

Une histoire douce et forte, qui touchera, j’espère, un large public, car elle le mérite.

Vous pouvez retrouver l’auteur sur sa page Facebook !

Si avec tout ça vous n’êtes toujours pas convaincus, sachez que seule la lecture du roman vous permettra de comprendre pourquoi l’auteur porte cet étrange pull ….

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[Jeunesse] « Noémie Superstar » et « Voilà comment je suis devenu un héros » d’Anne-Laure Bondoux

Aujourd’hui je vous présente deux petits livres de la collection « Mini Syros roman », aux éditions Syros. Ces romans ont été écrits par Anne-Laure Bondoux, ce sont des rééditions. Les illustrations sont de Julia Wauters.

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Un film va être tourné au village ! C’est la boulangère qui a montré l’annonce à Noémie : « Pour les besoins du film, la production recherche des enfants entre sept et neuf ans. Envoyer une photo… » Noémie aimerait bien jouer la star, mais elle n’y croit pas trop… Car avec ses lunettes, elle ne se trouve pas assez jolie !

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Comment je suis devenu un héros ? Par hasard, ou presque, en tombant amoureux le jour de la rentrée et en m’attirant les foudres de Philibert Brock, le nouveau caïd de la classe, puis en rencontrant le vieux Gégé… Mais pour tout savoir, lisez plutôt mon histoire !

Ce sont deux romans que les enfants peuvent lire dès 8 ans. Des thèmes communs s’en dégagent : le regard des autres, le regard aussi qu’on porte sur soi, la confiance, la popularité, des thèmes bien familiers aux enfants. Les histoires finissent bien et sont plutôt pleines d’optimisme : de quoi rassurer leurs lecteurs ! A découvrir !

[Jeunesse / ado] Orient extrême, Mireille Disdero

Couverture du livre "Orient extrême" - Mireille Disdero - ISBN 979-10-90685-76-5

 

« Ici, les larmes ne font pas partie de la vie. Mais tout est trempé comme si on pleurait sans cesse. Ici, je n’ai pas peur de m’enfoncer dans la boue qui me sépare de ma sœur… pour la retrouver. »

Après avoir été envoyée en Malaisie comme domestique, une adolescente cambodgienne revient en catastrophe dans la ferme des parents. Elle est sous le choc. Que lui est-il arrivé, de l’autre côté de la mer ?

À travers cinq récits courts ou longs, on plonge en Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge, Indonésie, Malaisie, Thaïlande) dans la vie de certains adolescents. Alors, on est confronté à la pauvreté, à la maltraitance des plus jeunes, mais aussi à l’engagement et à la nécessité de construire un monde plus juste.

Mon avis :

Orient extrême est un recueil composé de cinq nouvelles, qui se font échos. Un point commun s’en dégage rapidement : la puissance de mots et de textes.

Le livre s’ouvre sur la nouvelle « l’infiniment petit ».  Une nouvelle très courte (2 phrases, 4 lignes) mais déjà puissante, qui nous emmène au Vietnam. Pour vous donner une idée :

« L’ombre et la tiédeur se faufilent entre les murs.

Deux fillettes assises dans la rue, les cheveux mouillés, sombres et brillants, jouent à la coiffeuse, cherchent la petite bête et l’écrasent entre deux doigts ».

Puis, c’est autour du Cambodge avec « Do you want a cup of tea » ? J’ai adoré cette nouvelle, la plus longue de toutes, et certainement ma préférée. Deux sœurs, Sinoun et Sinath. Sinoun a été achetée en échange d’un sac de riz, d’un peu d’argent, et d’un téléphone portable made in china. Elle a été envoyée en Malaisie pour un soi-disant travail de domestique, le nom correct donné à l’esclavage.Un jour, elle a craqué et est revenue, complètement changée. Elle ne prononce plus qu’une seule phrase « do you want a cup of tea ? » et a été vue dansant nue sur la place du marcher, invitant les hommes à la suivre dans les rizières. Depuis, elle vit dans une cabane au fond du jardin. Son père la voit comme la honte de la famille, les autres comme la cause de tous les malheurs. Pourtant, elle ne fait que reproduire, sans pouvoir s’arrêter, le comportement qu’on l’a obligée à adopter en Malaisie. Que lui est-il réellement arrivé là-bas ? Pourra-t-elle redevenir la jeune fille qu’elle était avant ?

Après le Vietnam, la troisième nouvelle nous emmène en Indonésie : une nouvelle surprenante et glaçante, « Ruelles obscures ».

« Dans le cratère » nous envoie en Indonésie, à Bali. Notre narrateur a 18 ans, il est revenu seul avec son sac à dos à la recherche d’une jeune fille qu’il a croisé un mois plutôt, quand il était venu avec ses parents « Une enfant. Intouchable. Mais tous pouvaient la toucher moyennant quelques pièces« . Peut-il encore la sauver ?

Enfin, le recueil se clôt sur une nouvelle courte « Chienne de vie ». Un joli texte qui permet de terminer sur une note d’optimisme.

En résumé : Cinq nouvelles réussies, une écriture parfaitement maitrisée, percutante, aux mots puissants. Un livre à découvrir.

Retrouvez Orient extrême sur le site de la maison d’édition Le Muscadier, collection « Rester vivant » !

[Ado] Des poings dans le ventre, Benjamin Desmares

Au collège, Blaise laisse parler ses poings : « Ba-Ba-Bam ». Et quand il finit par être viré, cette violence se répand dans les rues et jusqu’à chez lui. Mais au-delà du délinquant, Blaise est aussi un adolescent torturé, poursuivi sans relâche par ses angoisses et sa colère. Dans ce récit court et nerveux à la deuxième personne du singulier, Benjamin Desmares interpelle ouvertement son lecteur pour le faire réfléchir sur un thème contemporain très fort.

Mon avis :

Voici un livre qui m’a frappée dès les premiers mots que je ne peux m’empêcher de vous recopier :

« La cour est calme. Il a plu tout à l’heure, pendant le cours de physique. Le sol est encore humide. Luisant. Un vent froid hante les coursives. Il est 13 h 30. Le dos contre le mur du bâtiment de sciences, tu écoutes.

Tu es seul. Premier à sortir le midi, premier à rentrer chez toi. Premier aussi à remettre les pieds dans cet endroit que tu détestes. Ici ou chez toi, après tout, n’est-ce pas la même chose ?

Tu entends leurs bruits bien avant de les voir. C’est drôle, semaine après semaine, il y a toujours des rires. Malgré tout. Ils oublient vite. Tu les vois arriver, ils sont là, ils rient et se bousculent. Bientôt la cour en sera pleine. Alors, tu pourras faire ton choix. »

Blaise ne connait qu’une façon pour laisser exprimer ses émotions : il frappe. Sa signature ? Trois coups dans le ventre « Ba-Ba-Bam », une technique fiable et bien rodée. Le matin, quand il arrive au collège, son regard parcourt l’ensemble des élèves jusqu’à ce qu’il s’arrête sur le visage de celui qui sera sa victime. De la violence gratuite. Quand il est exclu du collège, il retrouve des « copains » à lui, qui trainent eux aussi. Ils se tiennent compagnie en buvant de la bière, parfois aussi en fumant de l’herbe. Quand Blaise rentre chez lui, il se retrouve seul avec sa mère. Et là aussi la violence finit par sortir. La nuit, il est tourmenté par des cauchemars mais refuse d’admettre qu’il connait la peur. Mais quel est ce sentiment alors qui le ronge face à cet homme cagoulé qu’il croise de plus en plus souvent, alors qu’il déambule la nuit ?

Sous ses airs de gros dur, Blaise cache un profond malaise. Ses angoisses ressurgissent la nuit sous forme de cauchemars, et pour ne plus y penser le jour : il frappe. C’est un peu comme s’il frappait le vide qui lui bouffe la vie.

Loin de vouloir dédouaner Blaise, Benjamin Desmares répond à une question qui peut recevoir des centaines de réponses : pourquoi autant de violence ? Que se passe-t-il dans la tête d’un simple collégien pour qu’il en vienne à se conduire ainsi ?

Le récit est court, mais il prend aux tripes. L’écriture nous frappe, elle est juste et puissante, les mots nous touchent, claquent et résonnent. La rage transpire le texte, la souffrance aussi.

Une claque.

Des poings dans le ventre est publié aux éditions du Rouergue jeunesse, en janvier 2017.

Retrouvez les avis de Noukette et de Jérôme !

[Les petits] Deux albums jeunesse : « Nanouk l’ourson paresseux » de Leana Gey et « Crottes de Libellule » de Sandrine Beau !

Nanouk, l’ourson paresseux

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L’histoire est de Leana Gey (le premier album de l’auteure, une amie que j’aime beaucoup : je lui en souhaite beaucoup d’autres !) et les illustrations d’Emmanuel Toullat.

Nanouk ne veut plus faire de corvées, il préfère paresser : et s’il allait voir ailleurs si c’était mieux ? Le petit ourson se met en tête d’explorer la banquise, rencontrant des morses, des lemmings ou encore des pingouins. Mais pas un seul animal avec lequel s’amuser : ils sont tous très occupés ! Et si finalement l’herbe n’était pas plus verte ailleurs ?

L’histoire est très belle, joliment racontée, avec une belle morale finale. Les dessins sont colorées dans les mêmes tons que la couverture, ce que j’aime beaucoup. J’ai un coup de cœur pour les expressions de visage de Nanouk qui sont vraiment bien faites !

Retrouver Nanouk sur le site de la maison d’édition Demdel !

 Crottes de Libellule

Crottes de libellule par Beau

Une histoire de Sandrine Beau (vous savez déjà que j’adore cette auteure) illustrée par Nicolas Gouny.

Ce matin-là, dans un pays très lointain, rien ne va : la souris fait un caca de rhinocéros, le rhinocéros fais un caca de lapin, le lapin fait un caca de hyène, la hyène fait un caca de mouche… Pourtant, tout le monde a l’air de trouver cela très drôle. mais qu’a-t-il bien pu se passer ?

Crottes de Libellule fait partie de la collection « la tête sur l’oreiller », une collection qui regroupe « des albums drôles ou poétiques pour développer l’imaginaire dès 2 ans 1/2. »

L’histoire est bien racontée, et surtout assez drôle. Les illustrations attirent les regards des enfants : je dois cacher l’album pour que ma fille ne se jette pas dessus !

Retrouvez-le sur le site de la maison d’édition Les ptits bérets !

En résumé : deux bels albums que je conseille !

 

[Les petits] Splat le Chat !

Aujourd’hui je vous présente deux bels albums pour les enfants (à partir de 4 ans), de la série « Splat le Chat », un petit chat qui découvre ce qui l’entoure, entouré par sa famille et ses amis : comme nos petits !

Dans la classe de Splat, il y a douze œufs qui vont bientôt éclore. Tous veulent s’en occuper : le choix se fera à la courte paille ! Et devinez qui gagne ? Splat, bien sûr ! Fier, Splat rentre chez lui en prenant soin de ses petits protégés, leur préparant un nid douillet. Le lendemain, il est réveillé par des coups de bec : les poussins ! Certains sont cachés dans ses chaussettes salles, d’autres roupillent devant le réveil. Quelle pagaille pour les ramener en classe !

Splat a été élu délégué des élèves. Il a un super programme, mais ses copains trouvent ses idées complètement nulles. Alors, Splat voit plus grand : interdiction des devoirs, pizzas tous les midis, un robot à la place de la maîtresse… Mais il se rend vite compte qu’il est préférable de proposer un projet réalisable !

En résumé : deux albums bien écrits, bien illustrés, qui montrent l’importance qu’il faut accorder à ses responsabilités et à ses paroles !

Rob Scotton est un illustrateur reconnu en Angleterre. Ses petits lecteurs s’identifient tout particulièrement Splat car celui-ci leur ressemble… en plus poilu et plus moustachu !
Pour Rob, tout a commencé lorsqu’il a rencontré le chat de ses voisins, un vieux matou édenté appelé Ninja : son imagination foisonnante a alors immédiatement inventé Splat.

Retrouvez les albums sur le site de Nathan !

[Jeunesse] Virée nomade, Alain Bellet

Couverture du livre Virée nomade - Alain Bellet - ISBN 9791090685727

« Tu restes enfermé en préventive jusqu’à ton procès en assises, ou tu acceptes de jouer une nouvelle carte, l’aventure d’un centre d’éducation renforcée avec d’autres jeunes dans ta situation », avait proposé le juge. « Peut-être qu’une immersion totale au pays des Touaregs te remettra sur le droit chemin. »

Confronté à la vie saharienne avec six autres délinquants au cœur du Ténéré, Maxou côtoie les chameaux et les scorpions, subit le manque d’eau, souffre de la faim et de la chaleur terrible… Il découvre au désert la loi de la survie, la droiture et l’éducation au respect d’une culture traditionnelle où le rapport à l’être prend le pas sur l’envie de posséder.

Mon avis :

Après un braquage, dernier délit en date, Maxou a le choix : être enfermé jusqu’au procès ou accepter de suivre des éducateurs, le temps d’un voyage dans le sahara. Son choix est vite fait : le voilà en route pour de longues journées de marche, accompagné par six autres délinquants auxquels il ne souhaite pas trop se mêler, et les chameliers.

Bientôt la fatigue arrive, mais aussi la soif, la fin, et les interrogations. Quoi de mieux qu’un désert pour se retrouver soi-même ? Une sorte de prison, à ciel ouvert. Le soir, sur le haut d’une dune, Maxou contemple le paysage, méditant sur son passé (l’argent facile, ses « amis », Marie …), son présent, cherchant une vision sur son avenir, comprenant la différence entre l’être et l’avoir. Et toujours, face à eux, le regard des touaregs, guettant leur réaction.

Virée nomade pose une question essentielle : quel avenir pour les jeunes à la dérive ? Ce voyage dans le Sahara, c’est un peu un voyage initiatique qui permettra à Maxou de se retrouver. C’est aussi un texte très bien écrit, d’une grande intelligence et d’une belle clarté.

Un roman à découvrir publié aux éditions Le Muscadier, collection « Rester Vivant ».