Lectures estivales : « M’asseoir cinq minutes avec toi » de Sophie Jomain et « Les Victorieuses » de Laetitia Colombani

J’ai lu plusieurs romans ce mois de juillet, mais il y en a surtout deux m’ont touchée, évinçant presque les autres tant j’ai été emportée par leurs histoires.

M’asseoir cinq minutes avec toi, Sophie Jomain.

Claire et Julien se sont follement aimés. Un coup de foudre, un mariage et enfin, une fille, Pauline, belle, parfaite… et différente.
Ils étaient prêts, ils la voulaient de toutes leurs forces, mais peut-on rester des parents unis face au handicap d’un enfant ?
Ce roman c’est l’histoire de Claire qui voit partir l’homme de sa vie, de Julien qui étouffe sous le poids de la culpabilité, de Pauline qui voudrait que son papa et sa maman s’aiment de nouveau.

Mon avis :

C’est une histoire très touchante, et certainement le roman que j’ai préféré de l’autrice. Une histoire de vie fabuleuse, pleine d’amour, de questionnements, de faiblesse, de souffrance. La vraie vie en somme. Pauline présente des troubles du spectre autistique. L’idéal (s’il en est un) d’une famille classique s’envole et le couple commence à battre de l’aile… Oui, mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire.

C’est un roman viscéral, d’une force peu commune. J’ai adoré suivre le point de vue de Claire, mais j’ai aussi apprécié que l’autrice prenne le temps de donner celui du père. L’alternance fonctionne très bien. Un vrai coup de cœur !

Les victorieuses, Laetitia Colombani

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out. Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce :  » association cherche volontaire pour mission d’écrivain public  » .
Elle déchante lorsqu’elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés… Dans le hall de l’immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l’accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables. A la faveur d’un cours de Zumba, d’une lettre à la Reine d’Angleterre ou d’une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier.
Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va se révéler étonnamment vivante, et comprendre le sens de sa vocation : l’écriture. Près d’un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Capitaine de l’Armée de Salut, elle rêve d’offrir un toit à toutes les femmes exclues de la société. Sa bataille porte un nom : le Palais de la Femme. Le Palais de la Femme existe.
Laetitia Colombani nous invite à y entrer pour découvrir ses habitantes, leurs drames et leur misère, mais aussi leurs passions, leur puissance de vie, leur générosité.

Mon avis :

Je voulais lire ce roman avant de lire « Le Cerf-volant ». J’avais adoré La tresse et je n’ai pas été déçue.

Laetitia Colombani parvient une nouvelle fois à me captiver : elle brosse avec brio les portraits de femmes fortes ou fragiles, mais criants de vérité. Les parcours sont pleins d’humanité. J’ai adoré découvrir Solène ainsi que les autres femmes du foyer, mais aussi le parcours de Blanche : un exemple de persévérance.

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris.

Présentation :

« Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. »

Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l’auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.

Mon avis :

Je savais en lisant ce livre que j’allais être émue. D’ailleurs, j’en ai retardé le moment. Je le regardais, de loin, à faire le beau dans les étals des librairies, à s’exposer inlassablement sur les réseaux sociaux. Nul doute : il me cherchait. On s’est trouvé. Un matin, je me suis réveillée en me disant que j’avais envie de lire, que j’avais envie de LE lire. Et c’était parti.

Pourquoi savais-je que ce livre allait m’émouvoir ? Je ne sais pas vraiment. Peut-être parce que ce n’est pas le premier livre que je lis de l’auteur et qu’il m’a déjà cueillie, peut-être parce que je repense au temps où j’étais en contact plus fréquemment avec lui pour les SP, peut-être parce que je me souviens de ce salon du livre, à Paris, en 2014, l’année des Lucioles, je crois. Je l’avais déjà rencontré quelques semaines plus tôt, à Lille, mais je ne m’en souviens guère. Pourquoi cette fois-là, à Paris, m’a marquée ? Je n’en sais pas plus. J’ai un souvenir à la fois précis et flou de l’auteur assis derrière la table, les piles de livres face à lui. Le salon était bondé, une odeur de transpiration mêlée de rire flottait, et il était là, visiblement paisible, le visage souriant. Je suis allée le voir plusieurs fois, un peu aimantée. La dernière fois, j’étais passée au stand de « J’ai lu » pour acheter « Au pays des kangourous », que je suis venue me faire dédicacer. Mais cela n’explique toujours rien. Il y a des visages qui marquent, parfois. Pas souvent chez moi, j’ai la mémoire visuelle vaporeuse. Là, ce n’est pas qu’un visage. C’était une présence.

Mais l’émotion n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai retardé la lecture de ce roman. Dans ce texte, l’auteur parle de lui, de sa vie, et j’ai toujours un peu de gêne à lire les récits introspectifs à tendance hautement autobiographique, s’ils sont contemporains. Cela me donne l’impression d’être une voyeuse, je ne trouve pas que ce soit un sentiment toujours agréable. Je sais qu’il faut que je passe au-delà pour apprécier le texte, ses mots, son rythme, sa structure narrative. Et c’est ce que j’ai fini par faire.

Parce que l’auteur ne fait que raconter un pan de son histoire. Il nous emmène auprès de lui, entrainés par le rythme des phrases et des paragraphes. Et j’ai beaucoup apprécié laissé le Gilles auteur / responsable de communication pour suivre le Gilles personnage. C’est un parcours plein d’embuches que nous propose ce roman, avec des moments très sombres, mais je trouve l’ensemble profondément lumineux… et vivant. Je ne détaillerai pas l’histoire de ce livre, qui est vraiment à lire. Je me casserai la figure sur les mots.

Gilles, j’ai été touchée, profondément. J’ai eu envie de m’asseoir à côté de ton ancien toi sur un banc, envie de sentir mes genoux toucher les tiens et de m’enivrer de silence. J’ai eu envie de te regarder droit dans les yeux pour te convaincre que tu as de la valeur et du talent, j’ai eu envie de câliner Franklin quand tu ne te sentais pas capable, que tu n’avais pas envie qu’il vienne te faire la fête. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je n’approche pas des chiens. Et je pense à toute cette violence, physique et verbale, qui peut détruire. A ces années nécessaires pour se reconstruire quand on a été brisé, au sens figuré, mais aussi au sens propre. Néanmoins, je veux surtout n’en retenir qu’une chose, Gilles : la route vers la lumière.

Un roman publié aux éditions Flammarion.

[BD] Entre les lignes, Baptiste Beaulieu, Dominique Mermoux

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Baptiste sombre dans une profonde mélancolie. Baptiste, lui, tombe des nues : Moïse,  son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.  Naviguant entre les grands drames du XXe siècle et des témoignages d’aujourd’hui glanés dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Baptiste devra percer le lourd secret  d’un homme et lever le voile sur un mystère  qui va chambouler toute une famille…

Mon avis :

Cette BD est une adaptation du livre à succès Toutes les histoires d’amour du monde, que je n’ai pas lu. J’ai donc découvert l’histoire au fil des pages.

Jean débarque un beau jour dans le cabinet de son fils, déboussolé. Il a entre les mains des dizaines de lettres consignées dans trois carnets, toutes adressées à la même personne : Anne-Lise Schmidt. Ses lettres ont une particularité : elles ont toutes été écrites à la même date au fil des ans, le 3 avril. Qui est cette femme ? Pourquoi n’écrire qu’à cette date ? Où est-elle, maintenant ? Quelle relation entretenait le grand-père de Baptiste avec cette personne ?

C’est à ces questions que Baptiste va essayer de répondre. Il va ainsi partir à la recherche d’informations, tiendra son père au courant de ses recherches en lui apportant régulièrement de nouveaux témoignages, qui aideront certainement son père à guérir mais, surtout, qui permettront au père et au fils de se retrouver, même quand éclatera la vérité.

rue de Sèvres

C’est une belle histoire, très touchante. A ce jour, puisque l’histoire est vraie, Anne-Lise Schmidt n’a pas été retrouvée.

Les illustrations sont aussi très réussies. Dominique Mermoux alterne entre des couleurs vives pour le présent et fond blanc et couleurs bleue et sepia pour le passé. J’aime beaucoup la façon dont les émotions sont dessinées : cela ajoute de la force au texte.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, Rue de Sèvres !

Caractéristiques :

168 pages, 21 x 27,5 cm, 20€

PARUTION 12 Mai 2021

9782810202508

L’amour à la page, Franck Thomas

Franck Thomas est le plus grand écrivain vivant… Sauf que personne ne s’en rend compte ! À commencer par son éditeur, qui refuse son nouveau manuscrit, celui qui devait lui apporter (enfin !) le succès tant mérité. Débute alors pour le romancier une quête à travers la jungle éditoriale, où la rencontre forcée avec une illustratrice jeunesse va réveiller les fantômes du passé, mettre son ego à l’épreuve et le pousser à découvrir le véritable sens de l’écriture…

Mon avis :

Voici un roman que j’ai sorti de ma PAL ! Il est sorti en janvier 2020 aux éditions Aux forges de Vulcain.

Franck est un auteur à presque succès. Son premier roman s’est écoulé à 57 exemplaires après tout, ce qui laisse une « marge de progression appréciable ». ! Son éditeur, Goliath M. (les éditions Deus Ex Machina) attend de pied ferme son prochain roman, mais à la lecture de ce dernier, il déchante et rejette le futur best seller de l’auteur Père Goriot Exorciste. Déçu, mais surtout fauché, Franck est agrippé par un agent littéraire qui loue son talent – sans l’avoir lu – et lui propose d’écrire… un roman pour enfant, dont l’illustratrice Julia Linua, connue pour son fameux Des prouts, pas du mazout ! ne parvient pas à écrire le texte. Et comme le monde est petit, il a déjà rencontré cette Julia Linua, et il n’en a pas gardé un bon souvenir…. Un texte jeunesse ? Facile ! En apparence seulement….

Franck est un personnage imbuvable, persuadé d’être « le nouveau Balzac ». Il représente l’auteur persuadé d’avoir un talent fou que le vulgaire n’est pas capable de reconnaitre : un personnage caricatural, mais drôle. Il en va de même pour les personnages secondaires.

L’histoire ne suit aucune logique. L’auteur nous emmène de rebondissements en rebondissements, parfois loufoques, mais souvent pleins d’un cynisme ou d’un sarcasme que j’ai beaucoup appréciés. Ceux qui ont l’habitude de longer les rangs du Salon du livre trouveront certaines descriptions d’ailleurs plus proches de la réalité que de la fiction.

Un roman paru aux éditions Aux forges de Vulcain !

[BD] Alicia, Prima Ballerina Assoluta – Eileen Hofer et Mayalen Goust

Dans les rues de La Havane, entre 1959 et 2011, les vies se croisent et se recroisent. Aujourd’hui celle d’Amanda, jeune ballerine en devenir. Hier, celle de Manuela, mère célibataire, qui n’aura fait qu’effleurer son rêve de danseuse classique et enfin celle d’Alicia Alonso, dont on suit l’ascension vers la gloire jusqu’à devenir prima ballerina assoluta au parcours exceptionnel. Dans un Cuba où règnent la débrouille et l’entraide, tout autant que la dénonciation et le marché noir, l’histoire de la démocratisation de la danse classique rime singulièrement avec l’avènement du régime révolutionnaire. Pour Amanda, la compétition est rude pour être parmi les meilleures tandis que pour Alicia, les choix ne sont plus seulement artistiques mais politiques, lorsqu’on voudra faire d’elle un instrument de l’idéologie castriste.

Mon avis :

L’histoire se déroule donc dans la Havane. Nous suivons la vie de trois femmes : Manuella, Amanda (2011) et Alicia Alonso, une danseuse cubaine qui a existé, devenue malgré sa cécité grandissante « prima ballerina assoluta », un titre symbolique accordé aux meilleures ballerines. C’est elle qui est souvent associée au rôle de Giselle dans le fameux ballet de « Le lac des Cygnes », composé pourtant presque 100 ans plus tôt. Elle a aussi fondé le Ballet national de Cuba et a créé le style dit « école cubaine ».

Alicia est associée au régime cubain castriste, et c’est une part de Cuba dans les années 1960 que nous retrouvons au fil de pages : l’arrivée au pouvoir de Castro, les camps de travail pour les homosexuels, la délation, la précarité économique… Le milieu de la danse y associe le thème de la compétition, mais aussi ceux de la passion et du courage. L’ensemble est très réussi.

Enfin, un mot sur les illustrations, que je trouve particulièrement réussies. Les couleurs sont douces, magnifiques et les émotions parfaitement retranscrites.

source : éditions Rue de Sèvres

Œuvre de fiction basée sur des faits réels cette BD, qui s’adresse autant aux ados qu’aux adultes, devrait vous plaire !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Rue de Sèvres !

Deux titres en littérature jeunesse à découvrir !

Le premier roman est destiné aux adolescents, à partir de 13 ans. Vous avez peut-être déjà entendu parler de d’Or et d’Oreillers, qui cartonne déjà auprès des petits et grands lecteurs, et dont voici la présentation :

C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de Lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir au mieux sa  future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, dans ce lit d’une hauteur invraisemblable. Pour l’heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. Mais voici que Lord Handerson propose à Sadima de passer l’épreuve. Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n’a pourtant rien d’une princesse au petit pois ! Et c’est tant mieux, car nous ne sommes pas dans un conte de fées mais dans une histoire d’amour et de sorcellerie où l’on apprend ce que les jeunes filles font en secret, la nuit, dans leur lit…

C’est un roman vraiment drôle et chouette à lire. Les références aux contes de fées qui ont bercé notre enfance sont légions, et nous donne d’emblée une connivence avec le texte qui n’est pas désagréable, au contraire. L’héroïne est active, c’est un personnage fort qui refuse de se laisser bercer par des histoires… L’ambiance gothique donne une atmosphère vraiment délicieuse à ce livre qui est une parfaite réussite.

A retrouver sur le site de l’école des loisirs !

Caractéristiques :

  • Prix : 15,00 €
  • ISBN : 9782211310239
  • Paru la première fois le 03.03.2021
  • Collection Medium +
  • A partir de 13 ans

Autre roman, pour les plus jeunes cette fois ( à partir de 8 ans) : La sorcière de la bouche d’égout, d’Isabelle Renaud. Présentation :

Les sorcières existent ! Véridique ! D’ailleurs, Maud et Melinda ont découvert qu’il y en a une qui vit dans leur école. Oui, dans leur cour de récréation même, bien cachée au fond d’une bouche d’égout. Elle n’est pas méchante et ne ferait jamais de mal à personne. Enfin, sauf si on oublie de la nourrir… Car si par malheur cela se produit alors bonjour les dégâts ! L’arrosage automatique se casse ou l’eau des robinets devient orange. Alors le jour où leur maitresse adorée se fracture l’épaule et est remplacée par l’horrible Mme Tric (qui leur fait disséquer des poissons, beurk !), Maud n’a plus le choix : elle doit demander de l’aide à la sorcière de la bouche d’égout !

Dans ce roman aussi, on rit. Nos petites têtes blondes en ont assez de la remplaçante et décident de faire appel à la Sorcière qui vit depuis cinq ans dans la bouche d’égout. Elle essaie d’abord de l’amadouer en lui donner des friandises, notamment des bonbons à la framboise, ses préférés ! Puis, elle lui glisse un message dans lequel elle demande à la sorcière de les aider à arrêter Madame Tric. Et elle acceptera de les aider, à sa façon…

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Rouergue !

Caractéristiques :

  • sorti en mars 2021
  • 64 pages environ
  • 8.5 €
  • ISBN 978-2-8126-2172-7

[Les tout-petits] Minusculette et la bataille des fleurs, Kimiko et Christine Davenier

Les abeilles ne peuvent plus butiner ! Un étrange individu leur rentre dedans à chaque fois qu’elles s’approchent du champs de fleurs… Mais qui est ce drôle d’animal qui file à toute allure ? Peut-être qu’il suffit de lui expliquer que les fleurs sont à tout le monde ?

Mon avis :

Minusculette est réveillée en urgence par les abeilles : il y a un intrus ! Dès que les abeilles s’approchent des fleurs, il les attaque : elles ne peuvent plus butiner !

Sans attendre, la fée Minusculette va à la rencontre de ce personnage peu sympathique, qui décrète que les fleurs sont à lui. Elle essaie de discuter, mais l’individu sème la zizanie.

Prenant alors son courage à deux mains, Minusculette décide de rejoindre l’intrus et lui propose de prendre un thé chez elle, dans le grand chêne. Il accepte, et finit par fondre en larmes face à la gentillesse de son hôte. Grâce à la fée et aux abeilles, l’oiseau, un colibri du nom de Marcel, a trouvé des amis et va apprendre à partager !

A retrouver sur le site de la maison d’édition, L’école des loisirs !

D’autres livres de la série :

Le premier jour de Minusculette

Caractéristiques :

  • Prix : 10,70 €
  • ISBN : 9782211166508
  • Paru la première fois le 17.03.2021
  • Collection : Loulou & Cie

L’affaire Margot, Sanaé Lemoine

Août à Paris, sa chaleur écrasante. Margot Louve vient d’avoir 17 ans. Elle est brillante et tous les possibles s’ouvriront à elle bientôt. Mais pour le moment, sa vie lui paraît étriquée. Pire, elle se sent invisible. Dans l’ombre d’une mère, actrice de théâtre en vue cultivant avec elle une distance délibérée et qu’elle rêverait de pouvoir appeler Maman. Fille d’un père dont on ne parle pas, parce qu’il a une autre vie, légitime celle-là. Alors Margot décide de faire craquer les coutures de son monde, de prendre la lumière à son tour. À ce journaliste puissant et respecté qui semble s’intéresser à elle vraiment, elle révèle le secret de sa famille.

L’Affaire Margot est un roman d’apprentissage sensible sur le passage à l’âge adulte. Il explore les détours que prend l’amour entre une mère et sa fille.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui est un premier roman. Margot vit avec sa mère, Anouk, – ou parfois, plutôt, cohabite. Sa mère est actrice et metteur en scène. Margot est née de l’union avec un homme politique marié – ministre de la culture – , pour lequel la mère a encore des sentiments forts. Un jour, alors qu’elles sont assises à la terrasse d’un café, Anouk se redresse : elle a vu la femme de son amant, du père de Margot. Cette silhouette va hanter la jeune fille et sera l’élément déclencheur de la suite. A force de questions, Margot se dit que le couple que son père forme officiellement avec sa femme n’est important que pour l’apparence, et que si elle ne peut pas changer le passé, elle pourra agir sur le futur, sur leur futur. Mais les actes ont des conséquences, auxquelles on ne s’attend pas, et elles peuvent être dramatiques.

Les relations familiales sont particulières dans ce roman. Margot appelle sa mère par son prénom, Anouk. On trouve cette dernière froide et distante, mais on comprend progressivement que c’est une posture, et que l’amour qu’elle porte à sa fille est réel. Elle exprime ses sentiments à sa manière, de la façon qu’elle est capable de le faire. Il y a ce père, aussi, présent-absent. Il aurait pu s’échapper de leur vie, mais il tient à garder une certaine présence. Il aime Anouk, il aime sa fille.

Evidemment, l’histoire n’est pas sans rappeler celle de l’un de nos hommes politiques français. Mais ce que j’ai aimé surtout c’est l’évolution de Margot. L’adolescente devient une jeune femme et elle est parfois perdue dans ses raisonnements, butée dans ses idées. Elle s’ouvre à l’autre – surtout à un couple – avec une facilité assez déconcertante. Difficile d’en dire plus sans raconter le roman, mais je ne peux que vous invitez à le lire.

Retrouver les premières pages ici

[Ado ] La falaise, Ghislaine Roman

Présentation de l’éditeur :

« Je vois exactement la scène au ralenti.
Mon père ouvre son journal et change de tête.
Ma mère écarquille les yeux, façon de lui demander ce qui se passe.
Mon père froisse les feuilles,
les laisse tomber sur le carrelage et dit : “Ben zut alors !”
À ce moment-là, je ne me doute de rien. »

Charlotte, quinze ans, apprend que sa mère a été abusée quand elle était enfant. Au moment où son amour pour Pablo éveille son désir, elle va devoir faire face à la vague qui balaie sa famille. Elle découvrira l’abjection dont les adultes sont capables : certains savaient et n’ont rien dit. Entre rage et tendresse, Charlotte va devoir trouver son chemin.

Mon avis :

J’étais très tentée par ce livre, et je ne suis pas déçue. Le thème est important et même encore assez tabou malgré les voix qui s’élèvent de plus en plus pour qu’ils soient reconnus et condamnés : les abus sexuels.

Dans cette famille, c’est la découverte d’un article de journal qui finit par libérer la parole. La maman de Charlotte fait partie des victimes d’abus sexuel de son ancien professeur de musique. C’est un choc pour la jeune fille, dont la vie bascule du jour au lendemain. Comment ne pas être totalement déboussolée et choquée quand on découvre ce qu’a subi la personne qui nous a mise au monde, cette personne qu’on aime tant ?

Charlotte voudrait que sa mère parle, mais cette dernière n’est pas encore prête. Tout ça, c’était enfoui. Elle culpabilise, il lui faut du temps pour accepter de ressortir cette souffrance et cette humiliation profondément enfouies. Du côté de la jeune fille, cette annonce arrive à un moment délicat : celui des premiers émois amoureux. Elle est de plus en plus proche de Pablo, elle le désire. Ce dernier va découvrir un secret qui ronge sa mère, avec laquelle il vit seul. Cela explique bien des moments difficiles de leur vie et le poussera à s’éloigner un peu de la narratrice.

Le point fort de cette histoire, c’est le réalisme. C’est malheureusement un récit dans lequel des adolescent(e)s et les parents pourront se retrouver. Les abus sexuels sont plus nombreux qu’on l’imagine, trop nombreux. C’est un fléau dont on doit parler, dont on doit se libérer, autant que cela soit possible. Ici, la victime finit par réagir, et je trouve que c’est essentiel en littérature jeunesse de montrer qu’on peut, et même qu’on doit le faire. Au bord de la falaise on peut reculer, malgré les rochers qui peuvent nous faire tomber.

Pour autant, rassurez-vous : si les mots sont très justement choisis, il n’y a pas de passages difficiles à lire, trop explicites. Le style est vif et entrainant, on lit l’histoire rapidement. Il n’y a pas de pathos non plus, d’ailleurs on ne sombre jamais dedans dans la collection Rester Vivant. Mais on écrit, on dénonce, on montre les voix/es possibles. Et, dans un monde chamboulé comme le notre, c’est absolument nécessaire puisque fermer les yeux sur les faits de société ne les fait pas disparaitre.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, Le Muscadier !

[BD] Idiss, Richard Malka et Fred Bernard

Présentation de l’éditeur :

« J’ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss. Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l’Empire russe venus à Paris avant 1914. Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d’amour de son petit-fils. » Robert Badinter. Richard Malka et Fred Bernard s’emparent de ce récit poignant et intime pour en livrer une interprétation lumineuse tout en pudeur et à l’émotion intacte.

Mon avis :

Cette BD est l’adaptation d’un roman du même nom, que je n’ai pas lu. Mais, toujours attentive aux sorties proposées par Rue de Sèvres, j’ai été attirée par l’histoire, et j’ai été séduite.

C’est une histoire sombre qui nous est racontée, mais pleine d’amour et de tendresse.

Idiss est juive. Elle attend le retour de son époux, Schulim, parti combattre auprès du Tsar. En attendant, elle vit avec ses enfants chez ses beaux-parents, mais ils manquent d’argent. N’arrivant pas à vendre ses napperons, elle se lance dans le trafic de tabac. Puis, Schulim finit par rentrer. Un an plus tard, ils ont une fille. Mais l’homme est dépensier : il perd beaucoup d’argent au jeu et aura pendant un temps du mal à se défaire de cette addiction.

Dehors, les pogroms sont de plus en plus nombreux, signe d’un antisémitisme omniprésent.

En 1912, ils vont à Paris où une vie plus douce les attend, mais cela ne durera malheureusement pas. A nouveau, ils devront affronter la peur, puis la haine.

Les illustrations sont douces et poétiques, malgré l’atrocité parfois des situations.

Source : site Rue de Sèvres

C’est une BD idéale afin de faire comprendre aux plus jeunes un pan de cette histoire qu’il ne faut pas oublier. On referme ce livre avec des thèmes plein la tête : la misère, l’immigration, les conséquences des conduites dictées par des haines irraisonnées, la peur, la vie qu’on laisse derrière soi, celle qu’on tente de reconstruire, et on reste marqué par la tête haute et le cœur plein d’amour d’Idiss.

Retrouvez l’avis de Stéphie ici ! Et pour la maison d’édition, Rue de Sèvres, c’est là !