[Les petits – dès 3 ans] Des oiseaux plein la tête, Alexandra Garibal et Sibylle Delacroix

Voici Nénette. Une petite fille avec des oiseaux plein la tête. Nénette n’est pas comme les autres et, à l’école, elle se sent très seule. Jusqu’à sa rencontre avec No…

Mon avis :

Dans cet album, on découvre Nénette, une petite fille différente des autres. Elle reste en retrait, dans son monde, mais sans rejeter ceux qui viennent gentiment vers elle, comme No.

Dans la cour, beaucoup d’enfants se moquent de Nénette et de ses habitudes qu’ils trouvent étranges : elle se balance d’avant en arrière, contemple parfois pendant des heures une chose qui semble insignifiante pour les autres, reste sous la pluie, les mains tendues vers le ciel, même en plein déluge. Du côté des lecteurs, l’adulte comprend que Nénette est autiste, l’enfant qu’elle est différente, comme si elle voyait le monde d’une autre façon. Avec plus de couleurs, plus de fantaisie.

C’est un bel album, touchant. Nénette nous séduit, comme elle séduit No. Les dessins sont lumineux. J’aime les jeux sur les couleurs, avec la grisaille pour les enfants qui se moquent de Nénette. C’est elle qui est mise en lumière, ainsi que son amitié naissante avec No.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, L’école des loisirs ! Et pour celles et ceux qui veulent travailler sur cet album, la maison d’édition propose un dossier pédagogique : clic !

Caractéristiques :

  • Prix : 13,00 €
  • ISBN : 9782378880514
  • Paru la première fois en 03.2021
  • Collection : Kaléidoscope

[7 ans] Le chapeau charmant, Valentine Goby et Evelyne Mary

Au parc, une fillette tombe sur un chapeau de paille tressée. À qui est-il ? Un grand-père ? Une musicienne ? Un gondolier ? Elle lui invente des histoires, c’est facile. Une danseuse de claquettes ? Un clown en salopette ? Elle entre dans la ronde des personnages. La nuit, c’est la tempête. Que va devenir le chapeau sous l’orage ?

Mon avis :

Voici une belle histoire, pleine de poésie ! La fillette, en trouvant le chapeau, laisse son imagination divaguer en cherchant à qui il pourrait appartenir… La nuit, alors qu’il tonne et vente, elle s’inquiète : dans quel état sera le chapeau ? Quelqu’un l’aura-t-il récupéré ? Elle part le matin à sa recherche… et quel soulagement ! Elle le retrouve… mais pas vraiment là où elle l’avait laissé !

Une belle aventure publiée à l’école des loisirs !

Caractéristiques :

  • Prix : 6,50 €
  • ISBN : 9782211300032
  • Paru la première fois 07.04.2021
  • Collection Mouche.

Celle que je suis, Claire Norton.

Une bouleversante histoire de résilience qu’on lit le cœur battant dans l’espoir que son héroïne s’en sorte.

Valentine vit dans une petite résidence d’une ville de province. Elle travaille à temps partiel au rayon librairie d’une grande surface culturelle. Les livres sont sa seule évasion ; son seul exutoire, le journal intime qu’elle cache dans le coffre à jouets de son fils. Et son seul bonheur, cet enfant, Nathan, qui vient de souffler ses six bougies. Pour le reste, Valentine vit dans la terreur qu’au moindre faux pas, la colère et la jalousie de son mari se reportent sur Nathan…
L’arrivée d’un couple de voisins âgés dans l’appartement d’en face va complètement bouleverser sa vision du monde. Car comment résister à la bonté de Guy, qui se conduit avec Nathan comme le grand-père qu’il n’a jamais eu ? Comment refuser la tendresse de Suzette, cette femme si maternelle, elle qui a tant manqué de mère ? Peu à peu, Valentine se laisse apprivoiser.
Jusqu’au jour où elle commet une minuscule imprudence aux conséquences dramatiques… Mais une chose change tout, désormais : elle n’est plus seule pour affronter son bourreau et reconstruire sa vie volée.

Mon avis :

Quel livre prenant ! Celle que je suis, c’est le genre de bouquin qu’on lit en retenant son souffle. On a peur, on est content, on espère, on a mal, aussi. On n’est jamais vraiment serein, jusqu’à la dernière ligne. Bref, lire Celle que je suis, c’est se prendre un concentré d’émotions, et on n’en sort pas indemne, ce qui est une bonne chose.

Pourquoi ? Parce que ce livre a pour thème la violence conjugale. Ce fléau dont on parle de plus en plus, mais qui ne semble pas diminuer pour autant. Valentine est un personnage ordinaire. Ni super héroïne, ni super zéro, elle évolue un peu comme une ombre dans son quotidien. Seul son fils, Nathan, l’éveille et lui rappelle qu’elle est en vie. Un jour, un nouveau couple de personnes âgées emménage en face de chez elle. C’est le début d’une nouvelle amitié pour Valentine, un nouveau souffle d’air. Mais tout doit rester secret.

Pourquoi (oui, encore lui) ? Parce que son mari est complètement fou et instable. Quand il franchit la porte de sa maison en tout cas. Il a pris l’habitude d’insulter Valentine, puis de la frapper. La violence verbale et physique vont crescendo, sombre litanie du quotidien. Elle, elle subit. Elle se dit qu’elle le mérite peut-être. Et puis, si elle est là, dans cette maison, avec son fils, sans avoir besoin de beaucoup travailler, c’est grâce à cet homme : que serait-elle sans lui ? Elle l’aime, c’est évident. Et il est si adorable parfois ! Il lui offre des cadeaux, la complimente… Lui aussi, il l’aime. Il est seulement énervé par son travail. Petit à petit, Valentine va prendre conscience que son quotidien n’est pas normal, qu’elle est manipulée, très habilement, depuis des années. Mais, surtout, elle réalise qu’elle peut mourir des coups de son mari.

Ce roman d’un peu plus de 400 pages, montre comment petit à petit Daniel a placé Valentine sous son emprise, mais aussi comment elle va prendre conscience de cet asservissement qui pourrait lui être fatal. Certains passages dans ce texte sont violents, mais ils ne sont ni plus ni moins que le reflet de la réalité, d’ailleurs l’autrice explique dans une note finale qu’elle s’est documentée pour écrire ce roman, faisant appel à des témoignages. Elle se base sur du réel, l’allégeant malgré la souffrance qui en découle déjà :

« De fait, vous aurez peut-être trouvé certains des passages durs. Croyez bien que j’en ai allégé bon nombre, pourtant inspirés de scènes réelles. Mais il n’était pas possible d’édulcorer la réalité que ces femmes vivent. »

J’ai aussi aimé les passages qui montrent l’inaction de la plupart des voisins, qui entendent tout, et attendent… On ne peut s’empêcher de se demander ce que nous, nous ferions.

Celle que je suis est sorti le 01 avril aux éditions Robert Laffont !

Caractéristiques :

EAN : 9782221251584

Nombre de pages : 432

Format : 135 x 200 mm

[4 ans] Bonjour veaux, vaches, cochons, Olivier Douzou et Frédérique Bertrand

Cet album propose 13 comptines totalement imaginées pour les jeux de mots et les sonorités – dans la grande tradition du genre, pour un dialogue avec les images tout aussi libres et délirantes. Ainsi vont se croiser dans un monde joyeux et absurde Ours, Minou, Poule Mousse, Coq, Veaux, Vaches, Cochons, Teckel, Poney et des personnages qui fréquentent plus rarement la littérature jeunesse : Dindon, Truite, Paon, Oursin, Bigorneau, ou encore Crevette. 

Cet album est une reprise partielle des comptines en continu, série dont la publication s’était interrompue en 2013. avec l’apparition de 8 petits nouveaux figurants.

Mon avis :

En voici de belles histoires ! Chaque double page nous donne à lire une comptine sur un ou plusieurs animaux. Le texte est associé à une illustration. Les comptines peuvent se lire dans l’ordre ou le désordre, au gré des envies. Il y a toujours des jeux de langage, du rythme, et une mise en page amusante du texte :

Un album qui ne manquera pas de plaire aux petits !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Rouergue et découvrez un extrait ici !

Caractéristiques :

mars 2021

40 pages

16,00 €

ISBN 978-2-8126-2162-8

Antichute, Julien Dufresne-Lamy

« Vous êtes atteint d’une alopécie androgénétique.
— Pardon ?
— Vous êtes atteint d’une calvitie, comme on dit. »

Les mots du dermatologue sonnent comme une condamnation. Julien a vingt-deux ans, son crâne se dégarnit et ce n’est que le début. Le début de la chute.
Dix ans et pas mal de cheveux perdus plus tard, il se décide à partir pour Istanbul, capitale en vogue de l’implant capillaire. Relatant avec humour son périple depuis la clinique turque où se croisent stars du foot et anonymes de tous pays jusqu’à sa renaissance un an plus tard, l’auteur se livre à une réflexion sur l’impact de l’alopécie sur l’estime de soi et la vie sociale.
Un récit intime et moderne sur la symbolique du cheveu et ce qu’il dit de nous.

Mon avis :

J’ai découvert l’auteur avec « Deux cigarettes dans le noir« , qui était arrivé par surprise dans ma boite aux lettres, en 2017. Dans ce nouveau roman, je retrouve cette écriture qui me plait, et ces petites phrases qui me font parfois froncer les sourcils…

Cette fois-ci, c’est grâce à une publication sur les réseaux sociaux que j’ai appris la sortie de Antichute. Deux choses m’ont intriguée : la maison d’édition, Flammarion, alors qu’il était pour moi associé – en littérature adulte – à Belfond, et le titre Antichute. Un livre qui parle de chute de cheveux… Etrange, non ? Oui, mais pas que.

Ce livre m’a émue. Cet homme qui perd ses cheveux, qui n’accepte pas ce fait au point que cette alopécie devient une réelle souffrance, n’est pas un narrateur fictif, c’est l’auteur. Dans ce texte, nous entrons donc dans l’intimité de Julien Dufresne-Lamy, sans savoir vraiment jusqu’à quel point, la frontière entre fiction et réalité étant souvent poreuse. D’ailleurs, on retrouve cette idée dans le roman :

« (…) je découvre l’écriture, la vraie. J’apprends le champ des possibles, la permission des mots, la toute-puissance des silences, et cela n’a rien à voir avec les articles que je rédige pour le journal ou pour mon site dédié aux séries. J’écris autrement. Une fiction mêlée de réel, du faux dans le vrai, de charges et de décharges d’une histoire qui s’est vraiment passée, avec ce qu’il faut de distance pour que le texte devienne roman. » (page 48).

Le texte nous raconte la découverte sidérante des premiers cheveux qui tombent, ce qu’il fait pour la cacher, les traitements qu’il prend, les heures qu’il passe à chercher les causes et les remèdes et le choix ultime et mûrement réfléchi : le départ pour Istanbul, capitale de l’implant capillaire. A cela s’ajoute l’évolution psychologique (avec une analyse sur la symbolique du cheveu) mais aussi les conséquences sur son quotidien (il n’ose pas sortir de chez lui quand il y a trop de vent, ne veut pas se baigner… ). Le tout avec une dose d’humour.

Ce texte nous montre l’importance que peut prendre le paraitre pour l’être. Les cheveux renvoient souvent à l’idée de la séduction, mais aussi de la force, à la féminité ou à la virilité. Ce n’est pas un simple fait, c’est le début d’une réflexion et d’un changement dans le quotidien. Pour l’auteur, le cheveu est vraiment important. Il refuse de s’imaginer chauve. Perdre ses cheveux, ça dépasse le simple fait du quotidien qui est au cœur d’un enjeu social et intime.

Ainsi, si le thème peut paraitre commun, Julien Defresne-Lamy arrive à rendre le sujet captivant. Pourquoi ? Il vous répondra lui-même :

« La calvitie n’est pas originale. Elle est triviale, à peine qualifiable, habituelle, répandue comme une de ces petites difformités que l’on regarde sans frémir, un gros nez, un grain de beauté, un monosourcil. Mais la calvitie devient passionnante quand elle remue l’intime. Quand elle bouleverse l’homme qui y est confronté et qu’elle le transforme en un prodigieux mutant, un étranger à lui-même. » page 82. C’est tout à fait ça.

Un roman publié aux éditions Flammarion, et pour feuilleter quelques pages, c’est là : Antichute (cantook.net)

Caractéristiques du livre :

  • 256 pages – 137 x 209 mm
  • Broché
  • EAN : 9782081516045
  • ISBN : 9782081516045

[Les tout-petits / petits] Le livre qui a bobo, Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau

Ici, nous sommes complètement fans de cette série « Le livre ». Nous l’avons découverte avec « Le livre qui dort », que ma puce a ramené un jour de l’école, et on craque pour les petites histoires et les expressions de ce petit livre tout mignon !

Pourtant, nous ne sommes pas vraiment dans la tranche d’âge prévue : grande section pour elle (6 ans), un petit plus pour moi 😉 Mais c’est vraiment un livre familial : grâce aux pages cartonnées, le petit peut tourner les pages, et s’amuser des expressions faciales à chaque double page. Ma fille, qui commence à lire, essaie quant à elle de lire le texte.

Toutes les pages sont présentées de la sorte :

  • Un personnage appelé « le Livre », toujours représenté sur la page de droite, visage expressif,
    qui change de couleur, qui s’exprime parfois et qui est souvent dépassé par ses émotions.
  • Et une petite souris rose toujours présente sur la page de gauche, personnage qui s’adresse au petit lecteur et interagit avec le Livre.
Rassurez-vous : on a bien soigné le livre, il va mieux !

Caractéristiques :

  • Prix : 10,50 €
  • 0 à 3 ans -Album
  • ISBN : 9782211305839
  • Paru le 10.03.2021

A retrouver sur le site de la maison d’édition L’école des loisirs !

[BD] Les Chimères de Vénus, tome 1, Alain Ayroles et Etienne Jung

1874, les vaisseaux des puissances terrestres s’élancent dans l’éther pour conquérir les planètes du système solaire. L’actrice Hélène Martin débarque sur Vénus, monde sauvage couvert de brume, à la recherche de son fiancé, un poète évadé des bagnes de Napoléon III. Poursuivie par l’inquiétant duc de Chouvigny, entraînée dans la rivalité des empires, Hélène s’aventurera à travers des jungles infestées de dinosaures et sur des océans déchaînés jusqu’aux confins de l’astre, où se dressent les vestiges d’une mystérieuse civilisation.

Mon avis :

Hélène est éperdument amoureuse d’Aurélien, un poète qui est envoyé au bagne par Napoléon III. Elle refuse de l’attendre et veut le retrouver. Pour cela, elle parvient à se faire embarquer pour une expédition en direction de Vénus, où se trouve le bagne. Comme on peut l’imaginer, l’accueille sur Vénus ne sera pas des plus chaleureux… C’est un monde sauvage et donc imprévisible. Mais Hélène n’est pas la petite « cocotte » qu’imagine le duc de Chouvigny, l’affairiste qui dirige ce voyage. Elle fera même preuve de plus de courage que bien des hommes…

source : site Rue de Sèvres

« Les Chimères de Vénus » est une série dérivée de l’univers du Château des étoiles, un véritable succès international (500 000 exemplaires vendus en France !). Les illustrations et l’histoire nous font penser à Jules Vernes et le mélange histoire d’amour, voyage spatial et créatures fonctionne très bien !

Caractéristiques :

pages, 24 x 32 cm, 15€

PARUTION 24 Mars 2021

9782369811879

A retrouver sur le site de la maison d’édition Rue de Sèvres !

[Littérature jeunesse – ado] Les dernières reines, Christophe Léon et Patricia Vigier

Le réchauffement climatique atteint des sommets dans cette zone équatoriale de l’Afrique où la forêt primaire n’est plus que résiduelle. L’agriculture intensive a investi toutes les terres disponibles et mobilise les dernières innovations technologiques – jusqu’à la pollinisation… Mais quand la fille du magnat de l’agroalimentaire achète sur le marché noir un mystérieux petit pot jaune à un séduisant africtiviste, un grain de sable s’immisce dans les rouages de la multinationale.

La catastrophe écologique qui se déclare risque de faire basculer de nombreuses vies, en direct sur les réseaux sociaux.

Mon avis :

Encore un roman de Christophe Léon que j’ai beaucoup aimé, mais la particularité de ce texte est qu’il a été écrit avec Patricia Vigier, que je découvre.

Nous sommes en Afrique, en 2049, où règne la multinationale Pionsanto, dirigée par Donald Prunt, un homme qui ne brille pas par son empathie et son altruisme… Il a une fille, Sunsee, qui a grandi dans la richesse et loin des informations réelles. Un jour, cette dernière échappe à la vigilance de son garde du corps et rencontre un garçon qui lui vend un pot de miel. Ravie de sa découverte, elle la montre avec joie à sa mère qui déchante et appelle aussitôt son mari, et pour cause : les abeilles sont interdites… Donald Prunt va tout faire pour découvrir la provenance de cet or jaune, tandis que Sunsee va ouvrir les yeux sur le monde tel qu’il est réellement. Elle sera sidérée par le nombre de personnes qui meurent à cause des produits que fabrique l’entreprise de son père, et se rangera du côté des opposants.

Ce roman est terrifiant : ce n’est pas un film d’horreur, loin de là, mais il est criant de réalisme et on ne peut s’empêcher de penser que les dérives actuelles pourraient nous emmener vers un tel destin. Après tout, sommes-nous loin de ce dirigeant avide de pouvoir ? Qui ne pense qu’en terme d’argent, de bénéfices ? Non. Alors, science fiction ou simple récit avant-gardiste ? Je poserais bien la question à des élèves de troisième, ou en lycée !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de Christophe Léon :

La décision

Pas bête(s) !

Argentina, Argentina

Fani

Hoax

Les mangues resteront vertes

[Jeunesse – 12 ans] La dernière fausse note, Charlotte Erlih

Clémentine joue du violoncelle depuis l’âge de 6 ans, entrainée par son père, violoniste professionnel et professeur implacable. Pour lui, c’est évident : sa fille suivra ses traces. Mais entre les nombreuses répétitions et sa difficile intégration dans son nouveau collège, Clémentine n’en peut plus. Elle se dispute violemment avec son père et décide d’arrêter le violoncelle. Plus question de passer son temps libre à faire des gammes, elle va enfin vivre la vie de toutes les jeunes filles de son âge.
Mais son père meurt d’une crise cardiaque, le lendemain même de leur dispute.
Clémentine est-elle responsable de la mort de son père ?
Un roman pour les enfants dès 10 ans.

Mon avis :

Le sujet est délicat. Parler de la mort avec les enfants n’est pas facile, mais ce n’est pas une raison pour ne pas le faire, au contraire. N’oublions pas que les personnages nous rappellent que nous ne sommes pas les seuls à ressentir toute une palette d’émotions.

Clémentine joue du violoncelle depuis des années. Son père, premier violon de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, est exigeant, ce qui rend parfois la relation très tendue entre le père et sa fille. Et, cet instrument, Clémentine va finir par le détester au point de ne plus jamais vouloir en faire : déjà à cause de lui ils ont déménagé pour se rapprocher du conservatoire de musique de Bordeaux, l’obligeant à laisser derrière elle ses amis. Mais ce n’est pas tout : quand elle l’a apporté au collège, suite à la demande d’un de ses enseignants, les autres élèves se sont moqués d’elle… c’est trop ! Alors, elle crie la décision à son père, de rage : « J‘arrête le violoncelle. C’est fini ! Plus jamais je n’en jouerai. Désormais je veux une vie NORMALE ! » . Le soir-même, elle est soulagée : une nouvelle vie l’attend. Elle ne sait pas à quel point.

Clémentine n’a plus revu son père. Le lendemain, on vient la chercher en classe pour lui annoncer la tragédie : il est mort, certainement une crise cardiaque, lors de son footing. La fillette est bouleversée : et si c’était sa faute ? Elle culpabilise « Ce sont mes mauvaises pensées qui l’ont tué. » Quelques temps plus tard, elle apprendra que son père a succombé à un accident vasculaire cérébral, c’est physiologique. Elle n’est responsable de rien. Même si cela n’enlève rien à la souffrance, elle ressent un poids en moins.

Du collège, elle a des nouvelles de Yara, une fille qui arrive du Portugal. Elle débarque chez elle un jour, donne son numéro de téléphone et propose de lui rapporter les cours. Petit à petit, Clémentine découvrira qu’elle n’est pas seule à souffrir et Clémentine apprendra à vivre avec l’absence physique de son père.

Comme on peut s’en douter, c’est un livre plein d’émotions. Clémentine nous touche, on a envie de la consoler, de la prendre dans nos bras. D’une manière générale, c’est une histoire intéressante qui plaira aux adolescents (à partir du collège, donc : l’éditeur cible à partir de 10 ans, mais je trouve ça tôt, sauf si l’enfant est confronté au deuil). Mais je pense qu’il peut aussi avoir un effet cathartique pour les enfants vivant ce drame. Il n’y a rien de pesant, pas de pathos qui gâcherait l’ensemble. C’est donc un roman qui devrait trouver sa place dans les médiathèques et CDI.

La dernière fausse note est paru aux éditions Nathan.

Autres romans de Charlotte Erlih :

[Jeunesse – dès 5 ans] Tout ce que j’aime, Mary Murphy et Zhu Chengliang

« Ce que j’aime le plus au monde, c’est… ».
Une fillette énumère les petites choses que, l’une après l’autre, elle déclare aimer plus que tout : sa fenêtre, la confiture, ses chaussures lumineuses, ses crayons, la rivière, son livre, son doudou… et sa maman qu’elle aime vraiment plus que tout. Quand bien même le pot de confiture sera vide, les chaussures trop petites ou le crayon usé, et même si maman et elle changeront, une chose demeurera toujours : la possibilité du bonheur à chaque instant.

Mon avis :

Voici un album plein de tendresse que nous avons beaucoup aimé.

Une petite fille explique, page après page, ce qu’elle « aime le plus au monde ». Evidemment, comme souvent à cet âge-là, il y a plusieurs choses : sa fenêtre, qui lui permet de voir ce qui se passe dehors, d’observer la nature, mais c’est aussi la confiture à l’abricot de sa mamie, ses chaussures qui scintillent… jusqu’à sa maman : mais là, c’est un amour qui ne changera jamais.

On peut faire une lecture à deux, en laissant l’enfant, pris par l’histoire, terminer chaque double page qui se conclut par « ce que j’aime le plus au monde », et le laisser deviner, grâce au dessin, la chose suivante ! Le récit, à la première personne, permet à l’enfant de s’immerger complètement dans l’histoire.

Les illustrations sont vives, faites à la gouache.

source : site de la maison d’édition Hongfei

Retrouvez Tout ce que j’aime sur le site des éditions Hongfei !

Caractéristiques :

Format : 22,5 x 24 cm, 36 p., relié, couverture cartonnée

Collection : Hors collection

Parution : Février 2021

ISBN : 978-2-35558-179-3

Prix : 14,50 €