[Jeunesse / ado] Silence radio, Alice Oseman

Silence radio  par Oseman

Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J’ai un seul objectif : entrer à Cambridge après le bac. Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne Youtube Universe City. J’aime rire et j’aime dessiner.

Et puis je rencontre Aled. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi.

Mon avis :

Frances ne connaissait pas Aled, pourtant elle était pendant un temps inséparable de sa sœur avec laquelle une amitié s’était doucement tissée, avant que cela passe à l’étape supérieur. Or, depuis, cette dernière est partie sans explications et sans donner de nouvelles.

Les deux adolescents vont faire connaissance par le biais d’une série radiophonique, Silence Radio, créée par Aled. Sans connaitre Frances, il lui demandera de créer des décors pour sa série. Rapidement, ils découvriront qui ils sont et ne se quitteront plus. Les fans de la série seront de plus en plus nombreux et voudront savoir qui se cache derrière les pseudos qu’utilisent les deux ados. Or, Aled est formel : leur identité doit à tout prix rester secrète. Mais pourquoi est-ce si important pour lui ? Quels sont les secrets qu’Aled cherche à cacher ?

Encore un roman que j’ai lu rapidement. J’ai beaucoup aimé suivre l’histoire de Frances et Aled, les voir évoluer pour devenir qui ils sont vraiment. Seulement, ce n’est pas toujours facile, surtout quand ceux qui sont autour de nous exercent une influence négative.

Différentes problématiques sont abordées comme la question de l’identité,  la sexualité, la recherche de soi, la place dans la société ou encore les relations familiales, ce qui rend le texte très riche.

Un roman qui a su me surprendre et m’émouvoir.

[Les petits] T’choupi : on joue !

Je suis souvent impatiente de découvrir les services presse qui m’attendent sagement dans ma boite aux lettres. Depuis quelques mois, je ne suis plus seule. Un petit être de moins d’un mètre a bien compris que les grosses enveloppes blanches renfermaient parfois des choses très intéressantes …

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Alors, une fois les livres déballés, il faut que je fasse vite pour les photos (comme la petite main à droite de l’image l’illustre : vous l’aviez vue ? 😉 )

Les trois cahiers ont un énorme succès auprès de ma fille.

T’choupi, l’école en autocollants :

Le premier cahier est un décor à déplier. On propose à l’enfant de compléter à l’aide des autocollants la classe, la cour de récréation et la cantine avec les objets et les personnages.

Les couleurs sont très jolies, attrayantes, et les autocollants vraiment nombreux et variés. L’enfant peut suivre son imagination et les disposer comme bon lui semble. Ils s’enlèvent facilement, ce qui est idéal pour effectuer des changements de décor !

T’choupi : mes gommettes, les formes :

Ici, il faut coller les gommettes de la bonne forme (et de préférence, parfois, de la bonne couleur, mais ma petite a des idées bien arrêtées et cela ne me dérange pas !) dans les formes.

Les doubles pages présentent des décors et situations variés : l’anniversaire de T’choupi, le train, la plage, le ski, etc…

 

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T’choupi : mon cahier de jeux, l’école :

Enfin, le cahier de 56 pages ! Et quel cahier ! L’enfant a l’embarras du choix : poser des autocollants, entourer des objets, découper des images et les remettre dans l’ordre, trouver le chemin du labyrinthe..

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Ici, on propose à l’enfant de poser les bons autocollants sur les images grises à gauche et de décorer la coquille de l’escargot avec des spirales de toutes les couleurs à droite.

Mais il y a aussi d’autres types d’activités comme la fabrication d’un semainier et à la fin du cahier les enfants ont tout ce qu’il faut pour construire une petite école !  J’adore cette idée.  Il y a la maitresse, les amis, les tables, la bibliothèque, etc … Cette partie, nous ne l’avons pas encore faite, ma fille est encore trop petite, je vais attendre ses trois ans !

En bref : trois cahiers très bien conçus, qui ne lasseront pas vos enfants et qui vous promettent des heures d’activités !

[Ado] Des poings dans le ventre, Benjamin Desmares

Au collège, Blaise laisse parler ses poings : « Ba-Ba-Bam ». Et quand il finit par être viré, cette violence se répand dans les rues et jusqu’à chez lui. Mais au-delà du délinquant, Blaise est aussi un adolescent torturé, poursuivi sans relâche par ses angoisses et sa colère. Dans ce récit court et nerveux à la deuxième personne du singulier, Benjamin Desmares interpelle ouvertement son lecteur pour le faire réfléchir sur un thème contemporain très fort.

Mon avis :

Voici un livre qui m’a frappée dès les premiers mots que je ne peux m’empêcher de vous recopier :

« La cour est calme. Il a plu tout à l’heure, pendant le cours de physique. Le sol est encore humide. Luisant. Un vent froid hante les coursives. Il est 13 h 30. Le dos contre le mur du bâtiment de sciences, tu écoutes.

Tu es seul. Premier à sortir le midi, premier à rentrer chez toi. Premier aussi à remettre les pieds dans cet endroit que tu détestes. Ici ou chez toi, après tout, n’est-ce pas la même chose ?

Tu entends leurs bruits bien avant de les voir. C’est drôle, semaine après semaine, il y a toujours des rires. Malgré tout. Ils oublient vite. Tu les vois arriver, ils sont là, ils rient et se bousculent. Bientôt la cour en sera pleine. Alors, tu pourras faire ton choix. »

Blaise ne connait qu’une façon pour laisser exprimer ses émotions : il frappe. Sa signature ? Trois coups dans le ventre « Ba-Ba-Bam », une technique fiable et bien rodée. Le matin, quand il arrive au collège, son regard parcourt l’ensemble des élèves jusqu’à ce qu’il s’arrête sur le visage de celui qui sera sa victime. De la violence gratuite. Quand il est exclu du collège, il retrouve des « copains » à lui, qui trainent eux aussi. Ils se tiennent compagnie en buvant de la bière, parfois aussi en fumant de l’herbe. Quand Blaise rentre chez lui, il se retrouve seul avec sa mère. Et là aussi la violence finit par sortir. La nuit, il est tourmenté par des cauchemars mais refuse d’admettre qu’il connait la peur. Mais quel est ce sentiment alors qui le ronge face à cet homme cagoulé qu’il croise de plus en plus souvent, alors qu’il déambule la nuit ?

Sous ses airs de gros dur, Blaise cache un profond malaise. Ses angoisses ressurgissent la nuit sous forme de cauchemars, et pour ne plus y penser le jour : il frappe. C’est un peu comme s’il frappait le vide qui lui bouffe la vie.

Loin de vouloir dédouaner Blaise, Benjamin Desmares répond à une question qui peut recevoir des centaines de réponses : pourquoi autant de violence ? Que se passe-t-il dans la tête d’un simple collégien pour qu’il en vienne à se conduire ainsi ?

Le récit est court, mais il prend aux tripes. L’écriture nous frappe, elle est juste et puissante, les mots nous touchent, claquent et résonnent. La rage transpire le texte, la souffrance aussi.

Une claque.

Des poings dans le ventre est publié aux éditions du Rouergue jeunesse, en janvier 2017.

Retrouvez les avis de Noukette et de Jérôme !

Les chemins de l’école : Carlos, Zahira, Samuel et Jackson

« Les chemins de l’école » est une série publiée aux éditions Nathan. Elle s’inspire du film « Sur le chemin de l’école », un documentaire sorti en 2013 (qui a reçu le césar du meilleur documentaire !) réalisé par Pascal Plisson et adapté par Sophie Nanteuil. Ils y  présentent quatre enfants : Zahira, Carlos, Samuel et Jackson, qui vivent à des milliers de kilomètres les uns des autres mais qui partagent un point commun : l’envie de réussir à l’école pour espérer un bel avenir, même s’ils doivent parcourir des kilomètres à pied, à cheval ou encore à fauteuil roulant pour se rendre dans leur établissement. Un trajet qui s’apparente à un véritable périple.

Petite présentation :

Je m’appelle Carlos, mais tout le monde m’appelle Carlito. J’ai onze ans et j’habite une région de l’Argentine appelée Patagonie, qui se situe le plus au sud de la planète.
Je vis avec mes parents et ma petite sœur de six ans.
Tous les jours, je parcours à cheval les dix-huit kilomètres qui séparent ma maison de l’école. Ce périple à travers les grandes plaines et les montagnes de l’avancée de la Cordillère des Andes prend une heure trente.

Je m’appelle Jackson, j’ai onze ans et je vis au Kenya, un pays situé à l’est de l’Afrique. Je vis avec mes parents, ma sœur et mon frère dans la savane, au milieu des animaux sauvages. Tous les matins, ma petite sœur et moi marchons deux heures pour rejoindre l’école, située à quinze kilomètres de la maison.

 

Je m’appelle Samuel, j’ai douze ans. Je vis en Inde, dans une région appelée Tamil Nadou, au sud-est du pays. J’ai deux petits frères, Emmanuel et Gabriel.
Mes parents ont dû déménager pour se rapprocher de la seule école qui m’acceptait avec mon fauteuil roulant. Tous les matins, avec mes frères, nous parcourons quatre kilomètres à pied… et à roues. Il nous faut une heure et quart pour rejoindre l’école.

Je m’appelle Zahira, j’ai douze ans et je vis dans la région du Haut-Atlas, au Maroc. C’est une chaîne de montagne, appelée « toit du Maroc ». Je vis avec ma famille le week-end et en internat le reste de la semaine. Tous les lundis, je pars à l’école située à vingt-deux kilomètres. Le trajet dans les montagnes dure quatre heures.


 

J’ai adoré lire ces petits livres (une soixantaine de page, beaucoup d’illustrations) qui nous apprennent beaucoup de choses sur la vie de jeunes (autour de onze ans) bien loin de chez nous. J’apprécie la diversité des pays représentés, l’optimisme sans faille de ces jeunes qui ne doivent pas se contenter de prendre le bus ou de s’asseoir dans une voiture pour se rendre à l’école, qui ont soif d’apprendre, sont disciplinés, et ont conscience de l’importance de l’éducation. Une vie bien différente de celles qu’on connait en France ou dans d’autres pays européens. Les photographies sont jolies, vivantes, elles nous aident à nous représenter ces différents lieux.

Le plus : à la fin de chaque livre se trouve un petit dossier qui propose d’en savoir plus sur le pays concerné, sur certaines pratiques et des chiffres sur la scolarisation.

D’autres livres sont déjà parus dans cette série, tirés cette fois-ci non pas du long-métrage de Pascal Plisson, mais de la série télévisée, aussi inspirée du film. Cette série raconte aussi l’histoire d’autres enfants qui parcourent des kilomètres dans des paysages hostiles pour arriver à l’école.

Des petits livres indispensables pour s’ouvrir au monde !

[Jeunesse] Les hirondelles se posent sur les filles électriques, Gaëtan Serra

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Présentation :

Abigail est une forte tête, habituée des heures de colle. Pour échapper à la sanction qui viendrait encore plus alourdir son dossier, elle accepte un devoir supplémentaire un peu particulier. Waël, le nouveau, aurait besoin de cours de français. Le problème, c’est qu’être avec  Waël,  ça craint pour la réputation.

Mon avis :

Premier livre que je lis de la toute nouvelle maison d’édition, « Les éditions du Dahu », et premier coup de cœur.

Abigail est une de ces filles que tout le monde craint. Avec sa bande de copines, elle aime multiplier les bêtises et est habituée aux sanctions.

Quand Waël, un jeune « mi-grand » se met à l’appeler par erreur « Abi gueule » et à en rire, Abigail, vexée, lui met une gifle. La sanction ne tardera pas à tomber, mais elle aura la particularité d’être originale et utile : Abigail devra passer deux fois une heure avec Waël et lui apprendre du vocabulaire en français. Une sanction que la jeune fille  va d’abord prendre comme une corvée, avant de changer d’avis. Ce qui ne sera pas vu d’un bon œil par tout le monde…

J’ai dévoré ce livre.Il traite de sujets importants au collège : l’immigration, le déracinement, l’intégration, le regard des autres, les rumeurs…
Si Abigail se montre au début peu enthousiaste à l’idée de passer du temps avec Waël, une jolie complicité finit par naître entre eux. J’ai beaucoup aimé suivre ce cheminement. Abigail découvre avec stupeur la vie que Waël menait avant de venir en France, ils s’ouvrent l’un à l’autre. Une situation délicate pour la jeune fille qui voit son statut de chef de groupe se contester et le garçon qui lui plait s’intéresser à une autre.
Une belle histoire qui se lit facilement, réaliste mais sans tomber dans un pathos dérangeant. Les personnages sont touchants, bien décrits.

Un roman à trouver dans toutes les bibliothèques et CDI !

Retrouvez le premier chapitre de ce livre sur le site de l’auteur, et pour découvrir la maison d’édition, c’est là !

Les regards des autres, Ahmed Kalouaz

Les regards des autres par Kalouaz

Présentation de l’éditeur :

Harcelée au collège par une bande de filles, Laure a bien du mal à réagir.  Elle finit cependant par alerter le principal et ses parents lorsque des élèves plus fragiles qu’elle se trouvent pris comme cible. Dans ce roman émouvant et fort, Ahmed Kalouaz décrypte remarquablement le mécanisme du harcèlement.

Mon avis :

Les livres sur le harcèlement commencent à être nombreux, et pour cause, c’est l’un des plus grands fléaux dans les établissements scolaires pour les jeunes.

Laure est harcelée par une bande de filles dans son collège, Émilie et ses amies. Elle est en troisième, et pourtant cela dure depuis déjà longtemps, trop longtemps.  Pourquoi ? Elle trainerait avec un garçon bizarre, « intello ». Alors quand vient le moment de retourner à l’école, c’est avec le ventre noué. Ses notes baissent. Elle n’a jamais voulu en parler à ses parents, qui s’interrogent, ni à sa tante, Perrine, dont elle est proche. Elle pensait que ça finirait pas s’arrêter, qu’à force de montrer que cela ne la touche pas, elle se lasserait. Mais non. Pourtant, un jour, elle comprendra que la parole est sa meilleure défense, et qu’elle doit réussir à en parler.

Comment parler du harcèlement ? Comment peut-on exprimer ce mal-être, cette peur, cette haine venant de l’autre dont on finit par se sentir responsable ? Comment ne pas craindre les représailles ?

Des questions difficiles auxquelles Ahmed Kalouaz essaie de trouver une réponse, sans baguette magique. La fin positive est bienvenue et aidera certainement les adolescents à montrer que tout est possible, qu’on peut s’en sortir,  même si on a l’impression d’être seul(e) au fond du trou et que rien ne s’arrêtera jamais.

Un livre essentiel à la bibliographie sur le harcèlement scolaire et de la violence.

Quelques phrases que j’ai particulièrement aimées :

« Les faibles ne se rebellent jamais, ils craignent les coups de poing dans l’épaule, les regards noirs, l’isolement où ils se retrouvent, pourtant, à force de silence » page 49.

« Bouc émissaire est un mot que je connaissais de loin, sans vraiment savoir ce qu’il voulait dire dans la réalité pour celui qui le subissait. Mais je ne me sens responsable de rien, simplement d’une amitié profonde avec un garçon que d’autres trouvent différent. A mes yeux, il ne l’est pas. Ce sont les tyrans qui voudraient qu’on leur ressemble, et qui viennent en cours seulement parce que c’est obligatoire et pour tuer le temps. » page 39

« Tu vas le payer, poufiasse ! » page 91

Les regards des autres est sorti aux éditions Le Rouergue, en février 2016, dans la collection Doado.

[Chronique jeunesse] Les baleines préfèrent le chocolat, Marie Colot

Les baleines préfèrent le chocolat par Colot

Présentation :

Burger, c’est la nouvelle de la classe et elle porte ce surnom à cause de ses kilos en trop. A coups de bonbons et de bonne humeur, elle se fait pourtant une chouette bande de copains. Ils partagent son goût débordant de la vie et se mobilisent sans hésiter, et avec une bonne dose d’inventivité, lorsque sa vie est en danger. Une histoire touchante et haute en couleurs qui célèbre le pouvoir de l’amitié, au-delà des apparences, et qui nous révèle que, tant qu’il y a de la vie, il y a peut-être de l’espoir.

Mon avis :

Après vous avoir parlé des romans En toutes lettres, Souvenirs de ma nouvelle vie et A l’encre rouge, c’est un livre coup de coeur que je vous présente aujourd’hui, le 4ème livre de Marie Colot publié aux éditions Alice : Les baleines préfèrent le chocolat.

Angelina Bombardini ne passe pas inaperçue le jour où elle rejoint sa nouvelle classe. Entièrement vêtue de rose, toute ronde, elle suscite rapidement les moqueries et l’hilarité de ses camarades. Ces derniers ne manquent d’ailleurs pas d’imagination pour lui trouver un surnom. Il faut dire qu’elle les encourage : celui qui trouvera le meilleur surnom gagnera une semaine de desserts. C’est celui de Burger qui l’emportera.

Loin de se démonter, Angelina accueille les moqueries avec le sourire, et riposte à coup de bonbons et de chocolats. Même lors des cours de natation, domaine qui n’est vraiment pas son fort, elle ne lâche rien et persévère, même le jour où la bretelle de son maillot cède. Rien ne semble pouvoir gâcher son optimisme. Elle est fan de Marilyn Monroe, trouvera même son prince charmant, aura des ami(e)s, mais gardera des ennemis…

Seulement, un jour, Angelina est retrouvée noyée dans la piscine. Elle se retrouve à l’hôpital, entre la vie et la mort. Si on dit que c’est dans les moments difficiles qu’on trouve ses vrais amis, de toute évidence Angelina en a une belle flopée, prêts à tout pour la faire revenir.

Mais que s’est-il passé dans cette piscine ?

J’ai ressenti beaucoup de choses à la lecture de ce livre : des émotions, de la joie, de la colère, de la tristesse. Il m’a vraiment bouleversée, bien qu’il s’agisse d’un livre pour les ado. C’est un énorme coup de cœur, et, sans hésiter, mon livre préféré de l’auteure.

Un roman qui porte à réfléchir, à mettre dans tous les CDI et bibliothèques !